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L'ATHÉISME PRATIQUE
GASTON RACINE
YANETZ Ltd.
Jérusalem, Israël
© G. RACINE, 1 9 8 4
Publié par
Yanetz Ltd. B. P. 151 Jérusalem, Israël
Gaston RAC I N E
Né en Suisse en 1917, de descendance huguenote, il se convertit à
l
'
âge de 14 ans où il eut une vision particulière de l
'
unité des chrétiens.
Arrêté en pleine jeunesse par la maladie, il apprit à l
'
école de la
souffrance à renoncer à ses plans et ses projets les plus chers pour se
soumettre à la volonté de Dieu.
Après plus de 40 ans de ministère pastoral et d
'
enseignement
biblique dans divers pays du monde, tout en restant foncièrement attaché
à la révélation divine telle qu
'
elle est attestée dans l
'
Écriture Sainte,
Gaston Racine demeure humblement disponible pour servir Son Dieu où
Il veut, comme Il veut et quand Il veut.
Pour accomplir cette vocation, depuis 1947, Gaston Racine ne
dépend d
'
aucune église particulière.
L'ATHEISME PRATIQUE
1. Où allons-nous?
Il faudrait être aveugle, c'est-à-dire déjà dans les ténèbres, pour
ne pas s
'
apercevoir que la nuit descend sur le monde : nuit spirituelle,
nuit morale, nuit de misère matérielle; nuit plus tragique que toutes les
nuits de l'histoire.
Dans tous les continents, des hommes de tous pays, de toutes
races, de toutes langues, de toutes opinions, de toutes religions,
s'interrogent anxieusement : Où allons-nous?
On multiplie les conférences pour essayer de trouver une
solution à cette situation qui apparaît de plus en plus critique à ceux qui
pensent et qui voient.
Cette angoisse mondiale n'empêche pas, il est vrai, une foule
d'hommes et de femmes de vivre apparemment dans l'insouciance,
avides de plaisirs. Il faut bien se distraire, pour ne pas trop penser.
S'étourdir, s'enivrer même, sont des moyens de perdre conscience d'un
danger, mais ne sauraient le supprimer.
Aujourd'hui, ceux qui se tiennent devant Dieu, car il y a encore
des hommes qui le craignent et l'adorent, ceux qui assistent à "son
conseil secret" pour voir et écouter sa parole éternelle, ne peuvent pas
dire au monde qui chancelle et aux âmes qui oublient leur Créateur ou
violent ouvertement ses lois: "Vous aurez la paix, tout ira bien pour
vous". (Jer.14 v13-14.)
Il leur est impossible de déclarer à tous ceux qui suivent
obstinément leur propre voie: "Aucun mal ne vous arrivera". (Ps. 91
v10)
Fidèles oracles, responsables devant leur Dieu, ils se tournent
aujourd'hui vers ceux qui portent encore le nom de chrétiens pour leur
dire, à l'instar du prophète: "Rendez gloire d l'Eternel votre Dieu, avant
qu'il fasse venir les ténèbres, avant que vos pieds ne heurtent contre les
montagnes de la nuit"; (Jer.13 v16) cette nuit de l'incrédulité, de la
haine, de la violence et de la destruction qui descend sur le monde.
Puis, s'adressant aux incrédules, à tous ceux qui renient Dieu ou
qui vivent pratiquement sans Dieu, ils les supplient d'interrompre leur
course insensée et de bien considérer leur voie, afin de se détourner de
l'abîme du désespoir vers lequel ils s'avancent, entraînant fatalement à
leur suite tous ceux qui sont dans leur zone d'influence.
II. Les signes d'un monde au
crépuscule.
Nous n'avons pas l'intention de vous donner ici un exposé
systématique sur l'athéisme, mais de démontrer à ceux qui, dans le
désarroi actuel, cherchent "le chemin, la vérité et la vie," que la
majorité des hommes vivent pratiquement sans Dieu dans le monde,
lors même qu'ils ne militent pas dans les rangs de 1'athéisme. C'est la
vision d'un monde au crépuscule que nous voudrions vous présenter, le
tableau de l’humanité telle qu'elle est vue d'en-haut et non d'un point
quelconque de notre globe, contemplée non à travers les yeux des
Russes ou des Américains, mais à travers les yeux de Dieu.
Vous savez tous ce qu'est le crépuscule, cette lumière qui
persiste après le coucher du soleil ou qui parait avant son lever. Cette
lumière incertaine est produite par l'illumination des couches
supérieures de l'atmosphère, par les rayons du soleil lorsque ce dernier,
se trouvant au-dessous de l'horizon, mais toutefois à une certaine
distance seulement, ne peut plus ou ne peut pas encore nous éclairer
directement. Ainsi, les molécules d'air des régions atmosphériques
supérieures nous renvoient une portion de la lumière qu'elles ont reçue,
clarté qui va toujours en diminuant ou en augmentant.
Il y a donc en réalité deux crépuscules, celui du soir qui est
appelé brune, et celui du matin con-nu sous le nom d'aurore.
La Bible, elle aussi, nous parle clairement de ces deux
crépuscules, et, si paradoxal que cela puis-se vous paraître, elle nous
montre que nous arrivons de nos jours, à la fois au crépuscule du soir et
à l'aurore d'un matin sans nuage. Esaïe le Prophète, dans son oracle sur
Duma, nous rapporte cette parole lourde de sens : "On me crie de Séir:
Sentinelle, que dis-tu de la nuit? La sentinelle répond: Le matin vient,
et la nuit aussi. Si vous voulez interroger, interrogez: convertissez-
vous, et revenez! " (Es.21 v11-12.)
En effet, si pour un monde impie, moqueur et sans Dieu, si, pour
une religion hypocrite et sans vie, sans réalité, la nuit vient, le matin
aussi s'annonce pour tous les croyants fidèles. Sans cesse, cesse, la
Bible nous montre ces deux parts d'une façon très claire: le croyant
fidèle attend la délivrance ; le monde incrédule et apostat, la colère à
venir.
Aujourd'hui, qu'attendons-nous?
Cette question mérite notre attention car, incontestablement, les
signes avant-coureurs du retour personnel et glorieux de Jésus-Christ,
que le prophète Malachie appelle "le lever du soleil de justice ", se
manifestent. (Mal.4 v2.) Alors qu'Israël a retrouvé sa terre, les couches
supérieures de l'atmosphère se dorent. Les vrais chrétiens qui sont unis
au Seigneur dans les lieux célestes, qu'ils soient catholiques,
orthodoxes ou protestants, tous ceux qui, tout en ayant les pieds sur la
terre, la tête sur les épaules ont déjà leur cœur dans le ciel, les vrais
chrétiens se réveillent, se sanctifient, se consacrent. et s'unissent en
dehors de tous les cadres. Le Saint-Esprit, emportant les barrières que
les hommes ont dressées entre eux, leur fait oublier leurs étiquettes
religieuses qui les séparent, et les rallie tous sous l'unique bannière
d'amour de Jésus-Christ qui revient.
Mais ces signes annoncent aussi aux impies que l'heure du
jugement vient!
III. Vers la fin du silence de Dieu.
Savez-vous qu'à l'aurore de l'ère atomique, à l'époque
thermonucléaire, à l'apogée de la lumière de la civilisation, nous
assistons au coucher de l'ère de la grâce, de l'ère du pardon, de la
patience et du silence de Dieu; à la fin de l'économie de la foi, de ce
temps bienheureux où Dieu voulait qu'on croie en lui sans le voir, et
sans l'entendre autrement que par ses oeuvres et dans sa Parole? (Jean
2O v29; Ps.19) Le monde va entrer dans l'ère où les hommes devront
croire en face de l'évidence, quand les puissances des cieux seront
ébranlées et que Dieu se lèvera, pour accomplir, comme le dit
l'Écriture, des bouleversements sur la terre. Au temps heureux de la foi
où les hommes pouvaient croire sans voir pour être sauvés, va suc-
céder l'heure tragique où le monde sera obligé de croire en face de
l'évidence. Mais cette démonstration, si souvent réclamée, ne sauvera
hélas personne. Au contraire, nous dit l'apôtre Jean dans son
Apocalypse, "Quand ils Le verront, ils diront aux montagnes et aux
rochers: Tombez sur nous et cachez-nous devant la face de Celui qui
est assis sur le trône, et devant la colère de l'Agneau, car le grand jour
de sa colère est venu, et qui peut subsister? " (Apoc. 6 ,v16-17). Ceux
qui, pendant si longtemps, auront voulu voir pour croire, chercheront à
se cacher dans les trous de la terre. (Es. 2 v12-22.)
Qui que nous soyons, ne nous y trompons pas : alors que
l'Évangile est encore annoncé aux pauvres, que la guérison est offerte à
ceux qui ont le coeur brisé, alors que la délivrance est encore promise à
tous les captifs et la liberté à tous les opprimés, au jour où la vue peut
encore être rendue aux aveugles, les ombres descendent dans nos
vallées; il commence à faire froid dans le monde, et ce froid pénètre les
âmes et remplace la chaleur de l'amour pour Dieu et le prochain. Le
désespoir et la haine s'insinuent dans les coeurs.
Fait-il froid dans votre âme? Froid pour Dieu? Froid pour votre
prochain ? Ce n’est pas bientôt la fin du monde, mais c'est bientôt la fin
d'un âge. Nous arrivons au coucher du jour de la grâce, à la fin de l'an
de grâce du Seigneur qui dure depuis presque deux mille ans, et la nuit
froide du règne de 1' antichrist, la nuit de l'erreur, du mensonge, de
l'oppression et du jugement, vient.
Croyants ou incrédules, qu'en cet instant Dieu vous saisisse,
qu'il ouvre vos yeux afin que vous voyiez, et vos oreilles afin que vous
entendiez, car il y va de votre vie, de votre bonheur présent et éternel.
IV. Le règne de la peur.
Regardez un peu ce monde dont les oeuvres racontent encore la
gloire et la puissance du Créateur. Vaste théâtre donné à l'homme pour
glorifier Dieu, il devient de plus en plus la scène sur laquelle les
hommes jouent la pièce de Satan, des rôles appris du diable.
Contemplez donc ce monde, dans lequel évolue un vaste système
politique, moral et religieux, et vous verrez qu'il n'y reste plus qu'une
petite place pour Dieu, ou trop souvent hélas, pour une caricature du
vrai Dieu. Sortez donc quelques instants de vos petites circonstances
personnelles, de vos petites ou grandes préoccupations nationales,
sociales ecclésiastiques, ou familiales, et ouvrez vos yeux, vos oreilles
et vos coeurs. Vous verrez alors des choses effrayantes, vous entendrez
des choses bouleversantes, dont nous sommes aussi responsables. Au
sein de la nature, restée pourtant si belle malgré le joug de corruption
auquel elle se trouve asservie, vous verrez la pauvre humanité démente,
révoltée, désespérée, vivant sans Dieu, sans secours surnaturel, mordue
aux entrailles par la peur, avançant les mains sales, et les yeux noyés de
désespoir.
La peur règne sur le monde. Peur de la guerre chez les grands et
chez les petits, peur des tremblements de terre dans certains pays, peur
des raz de marée, peur de tous ces éléments qui peu-vent se déchaîner
d'un moment à l'autre, peur des épidémies, sans parler de toutes les
autres peurs qui règnent dans les foyers: peur de la vie, peur de la mort,
peur du jugement.
Comme les Éphésiens avant leur conversion, les hommes vivent,
après plus de dix-neuf siècles de christianisme, "sans Dieu, sans Christ,
sans espérance dans le monde." (Ephes.2 v11-12.) Nous n'exagérons
pas. Cela est si vrai que la philosophie du jour est celle du désespoir.
Mais, direz-vous, que faites-vous de nos églises, de nos temples, de nos
chapelles? Certes, nous n'ignorons pas que nos villes sont hérissées de
clochers, mais nous savons aussi que "Dieu n'habite pas dans des
temples faits de main d'homme. " (Actes 17 v24-25.) Le temple qu'il
réclame, c'est un temple de chair, c'est le coeur de l'homme. Selon la
parole de Jésus : "là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je-
suis au milieu d'eux " (Matth.l8 v20.) Dieu se trouve dans nos édifices
religieux lorsque les fidèles s'y réunissent en communauté pour "adorer
le Père en esprit et en vérité. " (Jean4 v21-24.) Combien y en a-t-il dans
nos villes, de ces hommes et de ces femmes dans le coeur des-quels
Dieu habite réellement? Combien sont-ils ceux qui connaissent Dieu
dans sa plénitude? S'ils étaient tellement nombreux, nos villes seraient
transformées; le vice, le vol, l'adultère, la drogue, le crime, seraient en
recul ; plus d'enfants abandonnés, plus de sans-logis, moins de taudis,
moins de bistros et moins de clients dans les pénitenciers.
Mais alors, que feraient les cinémas, s'ils ne pouvaient plus
présenter sur leurs écrans l'un des péchés capitaux ou les sept à la fois?
Où donc les romanciers trouveraient-ils leur inspiration, puis-que de
l
'
aveu même de François Mauriac,
"
le roman plonge ses racines dans
le péché." Aujourd'hui, le péché n'est-il pas devenu le sel de la vie, et le
pain de la chair?
V. Un monde pratiquement sans
Dieu.
Certes, beaucoup d'hommes et de femmes ne professent peut-être
pas l'athéisme, beaucoup ne militent pas dans les rangs d'une philosophie
matérialiste, positiviste, existentialiste, pourtant, pratiquement, ils sont
athées, sans Dieu, sans secours divin, sans Jésus, sans vie éternelle. Ils
ont une religion, mais pas de Sauveur: Baptisés, ils pensent se faire
enterrer religieusement, mais sont sans Dieu pour vivre.
S'ils ne clament pas sur les scènes de théâtre avec J.P.Sartre:
"Dieu ne me voit pas, ne m'entend pas, ne me connaît pas. Je suis seul,
désespérément seul. Ce vide au-dessus de ma tête, c'est Dieu. Cette
brèche dans la porte, c'est Dieu. Ce trou dans la terre, c'est Dieu.
L'absence, c'est Dieu. Le silence, c'est Dieu. La solitude, c'est Dieu .C'est
nous qui décidons du mal et inventons le bien." (Le diable et le bon
Dieu.) S'ils ne disent pas cela, ils le pensent. S'ils ne le pensent pas, leur
vie pourtant prouve que Dieu et le Néant pour eux, c'est la même chose.
Il faut oser le dire: Aujourd'hui, Dieu n'est rien, l'homme est tout ! Et
parce qu'il se croit tout, il ne veut pas de Dieu et ne cherche pas son
concours.
"L'homme a tué Dieu", proclament ceux qui militent dans les
rangs de l'athéisme. Pourtant, ce qui frappe, c'est que ces gens qui ont
voulu débarrasser l'humanité de Dieu ne savent que faire de leur grand
cadavre. Il les obsède, ils ne pensent qu'à lui. Leurs écrits morbides en
sont remplis. Ils l'ont tué, mais ne peuvent s'en défaire ; ils le traînent
avec eux et s'acharnent sur lui. Au contraire d'Abraham devant le corps
de Sara. ils sont incapables de se lever de devant leur mort qui hante leurs
jours et leurs nuits.
La seule différence qui existe entre les athées et les croyants, c'est
que les uns ont un Dieu mort, et les autres un Dieu vivant Les uns sont
chargés d'un cadavre qui les tue, les autres sont portés et vivifiés par le
Dieu vivant.
VI. Avons-nous une révélation de la part de Dieu?
Ami, le Dieu vivant, le Dieu personnel existe. Il n'a pas voulu
rester un Inconnu, un grand X. Je n'adore pas un Inconnu ni une force
anonyme, un Dieu dont je ne connais ni le caractère ni la volonté! Dieu
s'est révélé et Dieu se révèle! Si vous ne l'avez pas encore rencontré jus-
qu'à ce jour, si le doute ronge votre coeur, ce ne sont pas des raisons pour
vous de nier son existence.
N'y a-t-il pas eu au cours de l'Histoire, et n'y a-t-il pas de nos jours
encore nombre d'hommes et de femmes de toutes races, classes et condi-
tions, qui rendent témoignage à la réalité de son existence, qui affirment
le connaître et vivre de sa vie?
Ces témoignages ne devraient-ils pas nous inciter à rechercher
Dieu pendant qu'il se laisse encore trouver ? Pourtant, dit l'Écriture: "Nul
ne cherche Dieu." (Rom. 3 v10-18.) Depuis la chute, l'homme n'est plus
en relation avec son Créateur. Il ne saurait supporter sa présence dans son
état de péché. C'est pourquoi, aujourd'hui, l'homme ne peut connaître
Dieu que par une révélation. Cette révélation fut d'abord orale. Dieu
parlait, et l'on se transmettait ses paroles. Elle fut ensuite écrite, et
consignée dans la Loi, les Psaumes et les Prophètes. Puis elle devint
personnelle en jésus-Christ. Enfin, cette révélation progressive devient
intérieure par l'illumination du Saint-Esprit. En s'incarnant, Dieu donna
en Jésus-Christ son der-nier mot à l'humanité. "Il était en Christ," affirme
l'apôtre Paul, "réconciliant le monde avec lui-même". (II Cor. 5 v19.) Il
répondait enfin à cette prière du prophète: "Oh, si tu déchirais les cieux,
si tu voulais descendre!" (Es. 63 v19.) Voilant l'éclat de sa gloire dans un
corps de chair, il descendit au milieu des hommes pour anéantir nos
doutes au sujet de son existence, et nous manifester sa justice, son amour
et sa sainteté.
Mais la Bible n'est pas seule à rendre témoignage à l'existence
d'un Dieu vivant et personnel.
L' existence du monde parle également à la raison humaine,
lorsque celle-ci n'est pas entièrement aveuglée par l'orgueil et souillée par
le péché. Les causes secondes supposent une cause première. Les êtres
contingents supposent un être nécessaire. Tout ce qui n'a pas en soi la
raison d'être de son mouvement, suppose un premier moteur. Tout ce qui
est ordre est l'oeuvre d'une cause intelligente.
D'où vient d'autre part cette voix de la con-science qui nous
prescrit le bien, et qui réprouve le mal ?
Enfin, la pierre angulaire de l'athéisme, qui prétend que "rien n'est
vrai que ce qui peut être vérifié par l'expérience ", ne crie-t-elle pas elle-
même la fausseté du système ? Ce principe, vous le savez, est exclusif et
faux, et les matérialistes sont les premiers à ne pas l'appliquer. Ils
admettent parfaitement que deux lignes parallèles ne se rencontrent
jamais, et sont incapables de le prouver par l'expérience.
VII. Les vraies raisons de l'athéisme.
Notre conclusion pratique est celle de saint Augustin: "Nul ne nie
Dieu s'il n'a intérêt d ce qu'il n'existe pas". Plus près de nous, Victor
Hugo disait: "Nier Dieu, c'est un aveuglement et une folie."
La Bible dominant les siècles, affirme simplement: "L'insensé dit
en son coeur: Il n'y a point de Dieu." Ps. 14 v 1.
Acceptons la minute de vérité, et reconnaissons que ce n'est pas
une difficulté intellectuel-le qui empêche les hommes de croire.
L'Écriture sainte est formelle. Elle ne dit pas: "Que celui qui peut", mais
"que celui qui veut prenne gratuitement de l'eau de la vie". (Apoc. 22
v17.) Nos difficultés intellectuelles ne sont trop souvent hélas qu'un
paravent qui sert à nous voiler notre indifférence, ou à cacher aux autres
les vrais motifs de notre incrédulité, car il est parfaitement raisonnable de
croire.
N'est-ce pas notre orgueil qui nous aveugle? "Ni Dieu ni Maître",
s'écriera l'esprit fort, ce qui ne l'empêchera pas d'avoir une maîtresse et
d'être l'esclave de ses sens jusqu'à son dernier souffle.
D'autres, s'ils le voulaient, avoueraient que les déceptions de la vie
ont endurci leur coeur. Dieu n'a pas répondu à leur prière. Dieu a dit non.
Repliés sur eux-mêmes, ils ont fait dépendre l'existence de Dieu de
circonstances toutes personnelles.
Mais les plus nombreux, s'ils étaient droits, ne reconnaîtraient-ils
pas que l'amour du péché, les habitudes prises, une relation ou une
situation qu'on ne veut pas abandonner, les poussent à rejeter l'idée
gênante d'un Dieu saint, et à préférer la doctrine d'Épicure :" Mangeons
et buvons, car demain nous mourrons." (I. Cor.15 v32.)
Pourtant, le péché ne paie pas. Ses conséquences sont imprévues
et tragiques. Ses plaisirs sont médiocres et laissent, comme le disait
Tolstoï," un arrière goût de cendre".
Reconnaissons-le cependant. S'il est raisonnable de croire en
l'existence de Dieu le créateur, si l'on ne veut pas élever le Néant ou le
Hasard à cette dignité, Dieu pourtant ne se prouve pas scientifiquement.
Il s'éprouve.
VIII. Pour sortir de l'impasse.
Dans l'incertitude qui caractérise l'homme sans Dieu, en face de
l'absurdité d'une vie qui finirait à la tombe, pourquoi, dans sa solitude af-
freuse et son désespoir tenace, l'homme révolté, l'homme qui dit non, ne
ferait-il pas monter au ciel cette prière: "O Dieu, si tu existes, révèle-toi d
moi; et révèle-moi ce que je suis d tes yeux!"
Jésus n'a-t-il pas dit: "Demandez, et il vous sera donné ; cherchez
et vous trouverez ; heurtez et il vous sera ouvert ; car quiconque demande
reçoit ; et celui qui cherche trouve ; et d celui qui heurte, il sera ouvert."
(Luc 11 v9-10.)
Amis incroyants, avant vous des multitudes ont appelé, et n'ont
pas été déçues! Pourquoi n'imiteriez-vous pas leur exemple ?
Et s'il vous arrivait de ne pas recevoir de réponse, souvenez-vous
que "Dieu ne résiste qu'aux orgueilleux mais qu' il fait grâce aux
humbles. (1 Pierre 5 v5.)
Si Dieu existe, approchez-vous de lui dans l'attitude qui convient
au pécheur devant un Dieu saint. Vous ne tarderez pas à éprouver le
besoin de trouver un Médiateur, et Dieu se plaira alors à vous révéler Son
Fils, Jésus-Christ, "le seul nom donné aux hommes par lequel nous
devions être sauvés." (I Tim. 2 v5-6 ; Act. 4 v12.)
L'ayant rencontré personnellement, connaissant plus que sa
morale parce qu'ayant reçu sa vie, vous ne serez plus au crépuscule d'un
soir d'angoisse, mais à l'aube d'un matin sans nuage. Et vous, chrétiens,
mes frères, si vous voulez que quelque chose change, acceptez aussi
pour vous-mêmes, la minute de vérité.
Votre vie a-t-elle prouvé au monde que vous êtes portés dans les
bras de Dieu, ou donnez-vous l'impression de trainer aussi un cadavre ?
C'est l'heure de nous réveiller, de lever l'hypothèque qui pèse sur
le christianisme et qui s'appelle: la médiocrité du témoignage chrétien.
C'est l'heure de nous libérer du péché qui pèse sur nous, du péché
qui crie au ciel, du péché qui attire la foudre du jugement alors qu'au-
jourd'hui encore, il est permis de crier : "Grâce/ Grâce pour soi et pour
les autres."
"Devant celui qui va te tuer, oseras-tu dire : "Je suis Dieu ",alors
que tu es un homme et non Dieu et que tu es au pouvoir de ceux qui vont
te transpercer?'-(Ezec. 28 v9.)
Série :
"
Pour le connaître Lui.
"
Les textes abrégés de conférences publiés aujourd'hui dans la
série : "Pour le connaître Lui", ont paru une première fois en 1956,
Vannée même ou ces conférences furent prononcées dans une salle
publique de la ville de Nice. (France.)
Ces exposés n'ayant rien perdu de leur actualité, nous sommes
heureux de les présenter sous une forme plus attrayante et dans un
caractère plus facile à lire.
Chaque conférence complète en elle même pré-parait la
suivante dans l'espoir de faire découvrir à tous, croyant ou incroyant,
"le si grand salut de Dieu." (Héb. 2v3).
Jérusalem, Novembre 1984.
Du même auteur.
"Être chrétien"
"
Le Christ inconnu
"
"
Les leçons de Marie, Mère de Jésus
" "
Jésus revient/ Es-tu
prêt?
" "
Médiocrité ou Sainteté?
"
"
Révolté?... Résigné?.. Vainqueur?... "
"
Donnez gloire à
votre Dieu!
" "
Un message de Dieu aux Veuves."
"
L
'
Unité du
Corps de Christ.
"
1. Dieu est-Il responsable du péché?
2. L
'
Athéisme pratique. 3 Croyance ou foi.
4. Connaissance ou Obéissance.
5. Que pensez-vous du Christ?
6. Peut-on naître de nouveau?
7. L
'
homme face à la souffrance.
8. L'homme face à la mort.
9. Vivre.
10. L
'
homme et Sa destinée.
11. Le Monde et Sa destinée.
12. L
'
Église et sa destinée.
13. Israël et sa destinée.
Au Canada:
Chez l'auteur: 1745 Cedar Avenue Montréal (Québec)
H3G
1A7
En Europe:
"
Le Refuge
"
21. ave. Cermuschi
06100 Nice (France.)
© G. Racine, 1984
