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DU MÊME AUTEUR
« Un message de Dieu aux veuves. »
GASTON RACINE
Opinions ou convictions ?
I
LA FOI
1944
INTRODUCTION
Sous le titre Opinions ou Convictions, nous nous proposons
de publier spécialement pour la jeunesse, trois études
bibliques, sur la Foi, l'Espérance et l'Amour.
La tâche poursuivie dans ces modestes ouvrages, peut se
résumer dans les trois points suivants :
I. Apporter à la jeunesse actuelle, un message positif et
dynamique, lui donnant les fondements essentiels d'un
christianisme authentique.
II. Montrer l'insuffisance des opinions humaines, et amener
les âmes sous l'action du St Esprit à des convictions profondes
basées sur la seule Parole de Dieu.
III. Diriger les cœurs vers une foi personnelle et vivante en
Jésus Christ, afin que, l'ayant rencontré personnellement dans
leur vie, ils sachent véritablement qui ils croient, ce qu'ils
croient, comment ils croient, et pourquoi ils croient. Alors
seulement la jeunesse pourra confesser sa foi
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dans les bons et les mauvais jours, n'ayant plus honte de
l'Évangile, ayant expérimenté qu'il est « la puissance de Dieu
pour le salut de tous ceux qui croient » (Romains 1, 16.)
Dans un monde où tout chancelle, où à la suite de Nietzsche
ou « transvalue des valeurs », où non seulement on ne fait plus
de différence entre ce qui est saint et ce qui est profane, entre
ce qui est impur et ce qui est pur (Ézéchiel 22, 26) mais, où le
bien tend à s'appeler mal, la vérité erreur ; dans un monde où
l'on méprise les faibles pour exalter les forts, où la haine et la
vengeance sont glorifiées, et la pitié et le pardon bafoués, dans
le cœur du fidèle, trois choses cependant demeurent : la Foi,
l'Espérance et l'Amour (I Corinthiens 13, 13.)
Chrétiens qui lisez ces lignes, c'est l'heure de nous réveiller
du sommeil, de sonner fort de la trompette. Nous avons été
laissés ici-bas pour être les témoins du Christ, et non les
fossoyeurs du christianisme. Notre Seigneur nous appelle à
remonter le courant du siècle, revêtus de la cuirasse de la Foi,
portant bien haut le flambeau de l'Espérance et la bannière de
l'Amour.
La Foi, l'Espérance et l'Amour, sont l'essence du
christianisme, les trois vertus chrétiennes par excellence. Elles
résument et forment les éléments essentiels de la vie du
croyant. Elles sont la devise et les dispositions du vrai disciple
de Jésus Christ, dont la religion n'est pas seulement le
christianisme, mais dont Christ est la vie.
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Ainsi, c'est à ces trois indices sûrs que l'on reconnaît, au sein
de la profession chrétienne et des multiples divisions qui
déchirent l'Église, ceux qui sont sur le chemin du salut, ceux
qui invoquent le Nom du Seigneur d'un cœur pur et avec
lesquels nous sommes appelés à marcher (II Timothée 2, 22.)
Ils sont manifestés :
I. Par leur Amour pour Dieu, qui ne peut s'exprimer dans le
monde visible que par une obéissance joyeuse à Ses
commandements et par une charité active pour leur prochain,
l'homme, ami ou ennemi.
II. Par une Espérance vivante, qui illumine leur vie au sein
même de la tribulation, étant une source intérieure de joie et de
paix intarissable et indépendante des circonstances dans
lesquelles ils se trouvent.
III. Par une Foi opérante, basée sur une confiance totale dans
les promesses divines, et qui produit des œuvres à la gloire de
Dieu.
C'est toujours à ce triple caractère que l'apôtre Paul reconnaît
dans ses épîtres les vrais enfants de Dieu. (Voir Éphésiens 1 ,
15-18 ; Colossiens 1, 3-5 ; 1 Thessaloniciens 1 , 3 ; Tite 1 , 2-
13; Hébreux 6 , 10-12.) Qu'en est-il de chacun de nous ?
Arrêtons-nous un instant ! Il en vaut la peine. Laissons-nous
sonder par la lumière de Dieu qui nous connaît et adressons-
Lui cette prière
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du fond de nos cœurs , « Sonde-moi ô Dieu ! et connais mon
cœur ; éprouve-moi, et connais mes pensées. Et regarde s'il y a
en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie
éternelle » (Psaume 139 , 23-24.)
La plus grande de ces choses, celle qui doit donc nous
caractériser avant tout, celle sans laquelle nous ne sommes
rien, c'est l'Amour, non seulement parce qu'il subsistera dans le
ciel lorsque la Foi sera changée en vue et l'Espérance en réalité,
mais encore parce que l'Amour est l'âme, la vie même de la Foi
et de l'Espérance.
Que la lecture des lignes qui suivent atteigne les cœurs. Que
le Saint Esprit réveille les tièdes et donne la vie aux morts.
Qu'une armée de jeunes croyants se lève pour combattre pour
la seule Cause juste et véritable. Alors, du sein même de leur
orgueil ou de leur désespoir, les hommes pourront voir que le
christianisme n'est pas un idéal périmé, une religion usée et
dépassée, le vernis superficiel des lâches et des hypocrites,
mais une vie puissante qui s'accomplit dans la faiblesse
humaine, faisant des croyants la lumière du monde et le sel de
la terre (Matthieu 5, 13-14.)
« Et toi fils d'homme, je t'ai établi sentinelle... et tu entendras
la Parole de ma bouche, et les avertiras de ma part » (Ézéchiel
33 , 7.)
Leysin, mars 1944
CHAPITRE PREMIER
OPINIONS OU CONVICTIONS
Dans nos pays où le christianisme est devenu la religion
officielle, il suffit de naître dans une famille catholique ou
protestante pour être baptisé et porter d'office le nom de
chrétien. Aussi, pour beaucoup, ce nom porté par tout le monde
a perdu sa réelle signification.
Il n'en était pas ainsi dans les débuts de l'ère chrétienne.
Seuls ceux qui s'étaient convertis au Seigneur après avoir
entendu et cru l'Évangile, étaient baptisés et introduits dans
l'Église (Actes 2 , 41, 47.) Le nom de chrétien fut donné pour
la première fois à Antioche aux disciples du Christ (Actes 11 ,
26.)
Ceux-ci sortis du judaïsme, d'autres, plus tard, ayant rompu
avec le paganisme et ses coutumes par une conversion
véritable, manifestaient aux yeux du monde un changement
total de vie. Le christianisme à son origine, n'était pas une
simple étiquette extérieure, l'insigne d'une société
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particulière, ou seulement l'observance de nouveaux rites, la
pratique d'un nouveau culte, mais une vie nouvelle.
Aujourd'hui, par un éloignement progressif de la vérité
évangélique, on en est venu à s'attribuer le nom de chrétien
sans posséder nécessairement la vie de Dieu qui est dans Son
Fils (I Jean 5 , 11.) Ainsi, l'homme dont la conduite offre
parfois un saisissant contraste avec les enseignements de Jésus
porte le nom de chrétien comme le fidèle régénéré. Cette
funeste inconséquence crée une grande confusion et fausse le
principe de la vraie appartenance à l'Église.
Perdant de plus en plus la notion biblique du christianisme,
par la force des choses, par tradition, par éducation «on est
devenu chrétien » comme les enfants de parents bouddhistes ou
musulmans sont bouddhistes ou mahométans. Or si le
bouddhisme ou le mahométisme peuvent être un privilège de
naissance, il n'en est pas ainsi du christianisme. On ne naît pas
chrétien, on le devient par une nouvelle Naissance ( Jean 3 , 3.)
Quelle que soit la piété du milieu où nous voyons le jour, nous
naissons pécheurs dans ce monde. Notre grand privilège sur les
païens est que nous avons la possibilité d'entendre l'Évangile
dès notre enfance. Cet avantage immense, ne l'oublions pas,
augmente aussi terriblement notre responsabilité.
À l'heure actuelle, il est nécessaire que nous
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comprenions à nouveau le sens profond et le caractère du
christianisme. Ne nous contentons pas de notions vagues, car
l'heure est venue de montrer la couleur de notre drapeau. Nous
arrivons à des temps de décisions où l'indifférence et la
neutralité spirituelles ne pourront plus subsister. L'heure du
« pour » et du « contre » va sonner au cadran de l'histoire
(Apocalypse 3 , 16 ; 22 , 11.)
Jusqu'à présent, dans notre pays, les chrétiens n'ont guère été
mis à l'épreuve, mais il n'en sera peut-être pas toujours ainsi.
Notre christianisme est-il prêt à subir le feu du creuset ?
Tandis qu'une opinion est un sentiment particulier que l'on se
forme d'une chose en la considérant par soi-même, une
conviction est la certitude que l'on a de la vérité d'un fait, d'un
principe. Croyance probable, assertion qui n'est pas sûre,
l'opinion a sa place dans les choses sur lesquelles chacun peut
penser comme il lui plaît. Par contre dans le domaine religieux,
qui est celui de nos relations avec Dieu, des convictions sont
nécessaires, car étant des créatures dépendantes, nous ne
sommes pas libres de penser en dehors de la Révélation divine.
Beaucoup trop de personnes, croyons-nous, se sont
contentées jusqu'ici de partager les opinions courantes. Les
enfants de chrétiens eux-mêmes n'ont pas échappé à ce danger.
Ils se sont bornés à partager d'une façon vague et extérieure les
convictions de leurs parents. Ils ont été
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baptisés, ont reçu une éducation religieuse, sont peut-être
même devenus membre d'une église ou d'une assemblée.
Cependant, il est symptomatique de rencontrer parmi eux un
manque de certitude, qui se traduit dans toute leur manière de
vivre et d'agir dans ce monde. D'aucuns professent encore des
opinions religieuses, mais ne confessent plus leur foi.
La foi de plusieurs est tellement diluée, inconsistante, qu'au
moment du danger elle glisse entre leurs mains infidèles. Si des
opinions semblent suffire dans la vie en un temps facile, elles
provoquent un désastre dans les mauvais jours et les heures de
grandes tentations. La vie basée sur des opinions bonnes ou
mauvaises est un édifice construit sur le sable. Il tiendra debout
un temps, mais, quand viendront l'épreuve, les vents contraires,
les torrents des passions, cette maison s'écroulera parce qu'elle
n'est pas fondée sur le Roc. Ce Roc est Jésus Christ, la Parole
Vivante, et la Bible, la Parole écrite dont les enseignements
demeurent éternellement quand la figure de ce monde passe (I
Corinthiens 7 , 31.)
Mais peut-on être sûr de quelque chose, avoir des convictions
à une heure où tout est instable, où tout chancelle, où demain
vient donner un démenti aux espérances d'hier et d'aujourd'hui,
où beaucoup d'affirmations semblent être contredites par des
faits souvent tragiques ?
N'est-il pas plus sage de ne pas se prononcer
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cette horrible guerre ? Ne devons-nous pas rester neutres, ou
tout au moins n'est-il pas plus prudent de miser sur deux
tableaux ? Ne faut-il pas plutôt attendre, afin de ne pas nous
compromettre ?
Oui, si nous ne possédons comme source de convictions que
des idées humaines, hypothétiques et fragmentaires,
susceptibles de changement, de variation. Nous serions alors
dans le juste en recherchant et en faisant nôtre l'opinion qui
paraît actuellement la bonne, tout en nous réservant la
possibilité de l'abandonner, si des faits nouveaux viennent
l'infirmer et qu'une opinion meilleure nous soit présentée. Et
qu'alors périssent les doctrines sectaires, fanatiques, réputées
immuables ! Soyons souples. Vivons au jour le jour du temps
qui passe !
Non! si nous possédons une Révélation divine, si la source
de nos convictions est la Parole de Dieu et le témoignage du
Saint Esprit. Or nous avons une Révélation divine! Jésus a sans
cesse rendu témoignage aux Saintes Écritures. Ne disait-Il pas :
« Jusqu'à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un
seul trait de lettre ne passera point de la loi, que tout ne soit
accompli» (Matthieu 5 , 18.)
La question est trop capitale, le sujet trop brûlant, les
autorités trop importantes, pour que nous restions indifférents.
Nous ne pouvons nier sans examen la Révélation divine. Il
faudrait pour cela être insensé ou de mauvaise foi.
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Si nous doutons, enquerrons-nous, soyons sincères dans la
recherche de la vérité, et sans préjugé, assurons-nous si Dieu a
parlé ou non, si la Bible est un livre comme tous les autres, ou
supérieur aux autres seulement, ou si ce Livre est réellement la
Parole inspirée par Dieu. Lisons la Bible, et nous nous
rendrons compte si oui ou non c'est un livre qui renferme
l'ensemble de toutes les pensées de Dieu et de toutes Ses voies
relativement à l'homme, ainsi que Son propos arrêté à l'égard
du Christ et de l'homme en Lui, un livre qui fait connaître en
même temps ce que Dieu est, quelle est la responsabilité de
l'homme envers Lui, ce qu'Il a fait pour l'homme, et les
nouvelles relations avec Dieu dans lesquelles celui-ci entre par
Christ, un livre qui révèle ce que Dieu est moralement dans Sa
nature, et les économies au cours desquelles Il se glorifie
devant les cieux et leurs habitants, un livre qui dévoile les
secrets du cœur humain et met à nu son état, et qui, en même
temps, place à découvert devant Lui les choses invisibles, un
livre qui commence au point où le passé touche à l'éternité, et
qui nous conduit, par le développement et la solution de toutes
les questions morales, au but où l'avenir se perd dans l'éternité
selon Dieu, un livre enfin qui sonde les questions morales dans
la parfaite lumière de Dieu pleinement révélé, et nous fait
connaître les fondements de nouvelles relations avec Lui selon
ce qu'Il est
15
en Lui-même et selon ce qu'Il est en amour infini ? » (1)
Convaincus alors, nous serons appelés à prendre position, car
on ne peut rester neutre si Dieu a parlé, si Dieu s'est révélé en
Jésus Christ. Et c'est au Christ que toutes les Écritures rendent
témoignage (Jean 5 , 39.)
En vertu de l'autorité de Dieu, des convictions profondes
seront alors notre part. Nous ne serons plus ballottés et
emportés çà et là par tout vent de doctrine (Éphésiens 4 , 14.)
Le temps et les circonstances changeront et nous atteindront
aussi (Ecclésiaste 9 , 11), mais n'altéreront en rien nos
convictions. Nous serons sur le Rocher au sein de la tempête et
non plus dans l'esquif jouet des flots, dans la barque qui fait
eau des hypothèses et des concepts humains.
Avertis par la Parole de Dieu, nous conserverons notre
calme au sein des détresses actuelles. Les événements
n'ébranleront plus notre foi, mais au contraire la confirmeront
en rendant témoignage à ce que la Bible nous enseigne sur
l'avenir d'un monde qui croit pouvoir vivre sans Dieu, ou tout
au moins sans le Sauveur que Dieu lui a donné.
Les atrocités et les souffrances présentes ne seront plus
attribuées à Dieu, mais considérées comme les inévitables
conséquences de l'attitude de l'homme, qui croit pouvoir régner
seul ou se
(1) J. N. Darby. Introduction à la Bible.
16
conduire selon ses propres pensées ou encore se sauver par son
travail, ses œuvres, ses mérites et sa religion.
Sauvés par grâce, nous vivrons du pardon du Dieu St et
juste, annonçant la Parole de vie aux perdus.
La justice de Dieu ne sera plus pour nous une question, ni
une énigme, ni un problème, ni un sujet de discussion. Elle
sera un fait, le plus profond, le plus intime, le plus sûr de notre
vie. La guerre même ne nous fera plus nous poser cette
question absurde : « Si Dieu était juste, est-ce qu'Il permettrait
tout ce qui est en train de se passer dans le monde ? »
« Une question absurde ? » Oui, vraiment absurde si l'on
entend ici par Dieu le Dieu vivant. Car jamais le Dieu vivant
ne se révèle à notre conscience autrement que comme un Dieu
juste. Vraiment absurde, car si nous Le voyons tel qu'Il est, si
nous L'entendons, nous demander de Le reconnaître et de
l'accepter tel qu'Il est, quel sens cela peut-il avoir de lui poser
la question : «Es-tu juste ? » Mais une question pleine de sens,
très juste et très importante si nous la posons à ce dieu pour qui
nous avons, dans notre orgueil et notre désespoir, élevé nos
tours de Babel, à ce grand arrière-plan, personnel ou
impersonnel, mystique, philosophique ou naïf, à ce grand
patron protecteur de nos justices humaines, de notre morale, de
notre État, de notre culture, de notre religion. Oui, si c'est ce
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dieu que nous entendons, nous avons tout à fait raison de poser
la question : Dieu est-Il juste ? Et la réponse est vite trouvée. »
(1)
La chrétienté est tombée dans l'idolâtrie. Infidèle, foulant
aux pieds le premier commandement du décalogue
(Deutéronome 5 , 7), elle a sacrifié à des dieux sans nombre
(Deutéronome 32, 17.) On s'appelle «chrétien », disciple du
Christ, et une foule d'idoles règnent sur nos cœurs à la place du
Seigneur. Chez les uns, c'est une idée, une philosophie, l'Art, la
Musique, la Beauté, l'Amour ; chez les autres, l'Argent, un être,
une passion ! L'idolâtrie ! Voilà bien dans tous les temps la
source de toutes les misères des hommes. Au cours des siècles,
les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Seulement aujourd'hui encore il y a un remède. Les
compassions de Dieu ne sont pas épuisées. Son appel retentit
encore comme aux jours de Jérémie le prophète. Dieu
s'adresse à tous individuellement
«Reviens, nation rebelle ! dit l'Éternel ; je ne ferai pas peser
sur vous un visage irrité, car je suis bon, dit l'Éternel ; je ne
garderai pas ma colère à toujours. Seulement reconnais ton
iniquité... Si tu reviens... dit l'Éternel, reviens à moi ; et si tu
ôtes tes abominations de devant moi, tu ne seras plus errant, et
tu jugeras en vérité, en jugement et en justice : L'Éternel est
(1) KARL BARTH. Parole de Dieu, parole humaine, P. 23.
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vivant ! Et les nations se béniront en Lui, et en Lui elles se
glorifieront. Car ainsi dit l'Éternel aux hommes de Juda et de
Jérusalem Défrichez pour vous un terrain neuf, et ne semez pas
au milieu des épines ! » (Jérémie 3 , 12 ; 4 , 1-3.) Comme
Israël, pour avoir abandonné l'Objet immuable de la foi, la
chrétienté est meurtrie et divisée aujourd'hui. Elle n'a pas su
garder le bon dépôt (II Timothée 1 , 14.) Elle s'est laissé
distraire par des idéologies étrangères ; elle n'a plus confessé
hautement la foi et est devenue la proie d'une philosophie sans
durée. Par elle, plusieurs ont laissé leur foi se dissoudre dans
toutes sortes de doctrines, qu'elles s'appellent rationalisme,
libéralisme, modernisme, étatisme. D'autres ont remplacé « la
foi opérante par l'amour » par des dogmes et des formes sans
vie.
Il est temps que nous retrouvions les caractères de la vraie
foi. Pour cela, défrichons pour nous un terrain neuf, et ne
semons pas au milieu des épines ! Délaissons nos idées, nos
idoles ; rejetons tout ce qui règne sur nous et revenons à Jésus
Christ, seul Seigneur de nos pensées, de nos cœurs, de nos
vies. Débarrassons la foi de tous les vêtements ecclésiastiques,
idéologiques et philosophiques dont nous l'avons affublée, et
recouvrons la foi pure et simple des évangiles, la foi qui a pour
Objet le Dieu de la Bible manifesté en Jésus Christ. Alors
seulement, dans la confession d'une foi vivante et
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pure, les croyants de l'Église, disséminés dans les églises,
connaîtront un renouveau de vie, et reprendront conscience de
leur unité merveilleuse qu'ils n'ont pas su garder ni manifester
au monde.
« Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les
paroles de la vie éternelle. Et nous, nous croyons et nous
savons que Toi, tu es le Saint de Dieu ! » (Jean 6 , 68-69.)
_________________________
CHAPITRE II
LA FOI. QU'EST-CE QUE LA FOI ?
DÉFINITION
Dans son sens général, la foi est la croyance qui repose sur le
témoignage. Avoir foi en quelque chose, c'est adhérer, sur le
témoignage d'autrui, à une vérité ou à un fait que nous ne
pouvons vérifier nous-mêmes. Il suit donc de là que la foi est
divine ou humaine selon que le témoignage vient de Dieu ou
des hommes (I Jean 5, 9-10 ; Jean 3 , 33.)
Le mot « foi » se rencontre fréquemment dans la Bible,
surtout dans le Nouveau Testament, et y est employé dans
différentes acceptions. Il peut désigner :
a) L'ensemble des vérités révélées par Dieu (Jude 3, 20 ; II
Timothée 4 , 8 ; Apocalypse 2 , 13.) C'est dans ce sens qu'on
dit des païens ou des Juifs qu'ils se sont rattachés à la foi
chrétienne. Quand l'apôtre parle du « mystère de la foi » que
nous sommes appelés à garder (I Timothée 3 , 9), il entend
l'ensemble des vérités qui constituent le christianisme
22
et qui ont été mises en lumière par la mort et la résurrection de
Christ ;
b) le degré selon lequel l'âme est entrée dans la connaissance
du Seigneur et de Sa Parole (Romains 12 , 3.) Dans ce passage,
la foi nous donne la mesure exacte de ce que nous sommes et
de ce qui nous est demandé. Considérée sous cet aspect, notre
foi peut être «petite » ou « grande » (Matthieu 6 , 30 ; 8 , 10) ;
on peut en posséder « peu » ou en être « rempli » (Matthieu 8 ,
26 ; Jacques 2 , 5 ; Actes 6 , 5-8.) Dans ce sens, la foi est
susceptible d'accroissement (II Corinthiens 10 , 15 ; II
Thessaloniciens 1 , 3), et comme les disciples nous pouvons
tous dire : » Seigneur augmente-nous la foi » (Luc 17 , 5.) Que
la foi soit petite ou grande, l'essentiel est de s'en servir, et alors
des prodiges s'accomplissent (Matthieu 21 , 21.) Il suffirait
d'avoir de la foi comme un grain de moutarde pour transporter
des montagnes et ne connaître aucune impossibilité (Matthieu
17 , 20.) Si nous désirons avoir plus de foi, il faut mettre en
œuvre celle que nous avons déjà (Matthieu 25 , 29) ;
c) dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 12, verset
9, où la foi est envisagée comme don spirituel, l'apôtre n'en
parle pas dans le sens de la foi qui sauve, car cette dernière est
offerte à tous les hommes (I Timothée 2 , 4), et tous les
membres du corps de Christ la possèdent. Mais il est question
d'un don spécial qui permet au croyant d'exercer un ministère
23
particulier, comme celui de Georges Muller, Hudson Taylor,
etc.
d) enfin, dans son acception la plus stricte et dans sa
signification subjective, la foi est une intuition de l'âme par
laquelle nous percevons des vérités qui sont en dehors du
monde des sens et de la sphère du raisonnement. C'est une
vertu surnaturelle, par laquelle, sous l'inspiration et par la grâce
divine offerte à tous les hommes (Tite 2 , 11), nous tenons pour
vrai ce que Dieu a révélé (Jean 3 , 33-34.)
La foi est l'attitude de l'homme en face d'une déclaration de
Dieu : il se soumet, il croit ce que Dieu dit, non parce que sa
raison humaine est satisfaite, mais en vertu de l'autorité de
Dieu même qui révèle Ses pensées et qui ne peut ni se tromper,
ni nous tromper (Hébreux 6, 17-18 ; Tite 1 , 2.) Il reçoit ainsi
ce que Dieu donne (Jean 3 , 16) et se livre à Lui sans réserve.
L'incrédulité est l'attitude contraire. Elle consiste à
abandonner le Dieu vivant et à refuser ses dons.
La foi, c'est croire. Croire Dieu, c'est avoir une confiance
absolue et inébranlable dans la vérité du témoignage de Dieu,
même si ce témoignage n'est appuyé par aucune autre preuve.
C'est avoir une confiance et une assurance totales dans
l'accomplissement des promesses divines, même si tout semble
les contredire. Croire, c'est prendre Dieu au mot.
24
La foi n'est donc pas la crédulité, ni une croyance sans
évidence, car si elle ne repose ni sur la vue, ni sur la logique,
elle a sa racine dans la confiance au Dieu vivant. Sa preuve
pleinement suffisante est la Parole de « Celui qui ne peut
mentir » (Tite 1 , 2 ; Hébreux 6 , 17-18.) Exiger une autre
preuve que celle-là n'est pas du rationalisme, mais de
«l'irrationnel. » Si nous recevons le témoignage des hommes, le
témoignage de Dieu est plus grand ! (I Jean 5 , 9-11.)
La foi est l'unique moyen de salut pour l'homme (Éphésiens
2 , 8-9), car elle seule s'approprie la justice de Dieu (Romains 1
, 16-17.) C’est par la foi que nous comprenons que les mondes
ont été formés par la Parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit
n'a pas été fait de choses qui paraissent (Hébreux 11 , 3.) Il faut
croire pour comprendre. « La foi est l'échelon qui conduit à la
science » (saint Augustin.)
Sans la foi « il est impossible de plaire à Dieu » (Hébreux 11
, 6), et c'est dans la foi et non ailleurs que se rencontre le Dieu
qui parle, qui commande, qui donne, et l'homme qui écoute,
obéit et accepte. La foi devient la sphère nouvelle dans laquelle
le chrétien vit (Galates 2 , 20 ; Romains 1 , 17), aime (Tite 3 ,
15) et meurt (Hébreux 11 , 13.) Comme nous l'avons vu, le
mot foi dans les Écritures a différentes acceptions. Cependant,
il n'y a qu'une seule et même foi pour les chrétiens, que nous
l'envisagions dans son Objet ou
25
dans sa nature intime (Éphésiens 4 , 5.) Cette foi doit produire
en tous les mêmes sentiments et la même vie chrétienne
(Philippiens 2 , 1-2.) Elle unit les hommes autrefois ennemis
de Dieu (Colossiens 1 , 21), haïssables, se haïssant l'un l'autre
(Tite 3 , 3), en une seule famille, la maison de Dieu (Éphésiens
2 , 19), que Paul appelle aussi « la maison de la foi » (Galates 6
, 10.) Malgré toutes les divisions qui déchirent la chrétienté,
l'unité de la foi est un fait. Dans leurs milieux divers, tous les
vrais croyants possèdent la même foi dans les grandes vérités
du salut. Cependant, nous sommes tous exhortés à marcher
vers une unité plus parfaite dans les choses où nous différons
encore (Éphésiens 4 , 13.) Ce but ne sera pas atteint par des
concessions réciproques. L'unité qui en résulterait serait factice
et risquerait de se faire au détriment de la vérité. Une unité
dans l'équivoque ne serait que confusion. L'unité selon Dieu ne
peut être atteinte que par un amour plus vivant pour Jésus et
une connaissance plus parfaite du Fils de Dieu qui est l'unique
objet de la foi. «Ce qui constitue nos différences dans la foi, ce
n'est pas la nature de cette dernière, mais bien son objet connu
à des degrés fort divers. Les progrès dans cette connaissance et
dans l'influence sanctifiante qu'elle exerce sur les vrais
chrétiens les unit toujours plus intimement à Christ, dont ils
sont les membres, et par là, ils s'avancent vers « la mesure de la
stature de Christ », étant
26
de plus en plus transformés à sa ressemblance, Christ lui-
même grandissant en eux » (Éphésiens 4, 15.) (1)
Si les chrétiens abandonnaient leurs systèmes et leurs vues
particulières, pour se soumettre à l'autorité du Seigneur, leurs
cœurs n'étant plus occupés que de Sa personne et de Ses désirs
(Psaume 38 , 9 ; Ésaïe 26 , 8), l'unité après laquelle tant de
croyants soupirent se réaliserait. La vérité sépare du mal et du
monde, mais ne divise pas les enfants de la même famille. La
division est l'œuvre de la chair (Galates 5 , 20.) La vérité nous
conduit à nous juger nous-mêmes et à prier pour les égarés. Ne
sommes-nous pas coupables de prendre parti de nos divisions
au nom de la vérité, et de les accentuer par notre orgueil et
notre manque de charité ?
Écoutons plutôt la prière que Jésus adressait à Son Père en
pensant à nous qui avons cru par la parole des apôtres : « Or je
ne fais pas seulement des demandes pour ceux-ci, mais aussi
pour ceux qui croiront en moi par leur parole ; afin que tous
soient un, comme Toi, Père, tu es en moi, et moi en Toi ; afin
que le monde croie que Toi tu m'as envoyé. Et la gloire que tu
m'as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un,
comme nous, nous sommes un ; moi en eux, et Toi en moi ;
afin qu'ils soient consommés en un, et que le monde connaisse
que Toi
(1) L. BONNET. Épître aux Éphésiens.
27
tu m'as renvoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé
» (Jean 17 , 20-23.)
C'est dans cette prière que nous trouvons la pensée du
Seigneur sur l'unité des croyants.
Connaissant cette pensée et possédant en Christ les
ressources nécessaires, nous sommes responsables devant Dieu
et le monde de manifester l'unité de notre foi.
« Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons ce sentiment ;
et si en quelque chose vous avez un autre sentiment, cela aussi
Dieu vous le révélera ; cependant, dans les choses auxquelles
nous sommes parvenus, marchons dans le même sentier
» (Philippiens 3 , 15-16.)
________________
CHAPITRE III
LA NATURE DE LA FOI
La foi ne se transmet pas avec le sang. Nous ne l'héritons pas
de nos parents ; elle ne sort pas de notre cœur charnel.
L'homme ne saurait l'inspirer à l'homme.
Elle est produite dans les âmes, non par des raisonnements
subtils, ou des paroles persuasives de sagesse humaine, mais
par une démonstration de l'Esprit, par la puissance de Dieu (I
Corinthiens 2 , 5 ; Jean 6 , 44), ou par une illumination divine
(II Corinthiens 4, , 6), qui accompagne la prédication de
l'Evangile (Rom. 10 , 14-17; I Corinthiens 1 , 21) et d'où naît
une conviction énergique et profonde (I Thessaloniciens 1 , 5 ;
Hébreux 10 , 22.) C'est la faculté qui perçoit l'invisible et qui
saisit les réalités spirituelles (Hébreux 11 , 1.) Ainsi les enfants
de croyants, tout en jouissant de grands privilèges (I
Corinthiens 7 , 14), ne sont pas chrétiens dès leur naissance en
vertu de la
30
foi des parents (Jean 1 , 13.) Ils sont par nature des enfants de
colère, comme aussi les autres (Éphésiens 2 , 3.) L'éducation
chrétienne qu'ils reçoivent, les connaissances bibliques qu'ils
acquièrent, tout cela n'est pas encore la foi, mais doit les
conduire à la foi, c'est-à-dire à cet acte personnel par lequel
l'homme reconnaît la réalité de Dieu qui se révèle et qui
s'adresse à lui dans Ses divers témoignages : la Création, les
Écritures et Christ. La foi est donc une décision, la réponse
précise à l'appel de Dieu. Elle est l'attitude d'un cœur qui se
soumet aux déclarations de Dieu, confessant sa misère, et la
pure grâce de Dieu en qui il croit. La foi en son essence
subjective et morale n'est autre chose que l'obéissance
(Romains 1 , 5), comme l'incrédulité n'est que la révolte de la
créature envers le créateur (Jean 3 , 36.)
Toutefois, la valeur et la force de la foi ne se trouvent pas
dans les impressions ou l'élan de volonté qui accompagne notre
décision, mais en Dieu qui est le principe, l'Objet et le motif de
la foi.
La foi est donc d'ordre surnaturel
I. Par son Origine : elle est un fruit de la grâce divine, qui est
apparue à tous les hommes (Tite 2 , 11.) Elle est l'unique
moyen donné par Dieu pour nous approprier Son merveilleux
Salut. C'est une plante qui plonge ses racines en Dieu et qui
fleurit dans notre cœur ;
31
II. Par son Objet : Christ, en qui se trouvent réunies toutes
les vérités révélées (Éphésiens 4 , 21) ;
III. Par son Motif : l'autorité de Dieu.
« De Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses !
À Lui soit la gloire éternellement ! Amen »
(Romains 11 , 36.)
___________________
CHAPITRE IV
L'OBJET DE LA FOI
L'Objet de la foi n'est pas l'existence de Dieu proprement
dite, que les insensés sont seuls à nier (Psaume 14 , 1 ; 53 , 1),
mais la réalité de Dieu dans Ses témoignages, la fidélité de Ses
promesses, la certitude de Sa Parole. Il est évident qu'on ne
peut croire une personne que si on est certain auparavant que
cette personne existe.
Au moyen âge spécialement, plusieurs théologiens et en
particulier saint Thomas d'Aquin, ont cru pouvoir établir
diverses preuves de Dieu. Ils avaient oublié, semble-t-il, que le
chrétien et l'Église n'ont pas à démontrer la vérité, mais à la
confesser.
Les savantes démonstrations thomistes ou autres qui
concluent à l'existence d'un Dieu saint et bon, sage et tout-
puissant ne sauraient amener l'intelligence naturelle à une
conviction ferme au sujet de Dieu ; car en regardant autour de
nous, nous demandons : où est la sainteté de Dieu ? Nous
voyons l'impiété et l'hypocrisie
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tolérées. Et Son amour ? Il y a tant de misères ! Et Sa sagesse ?
Le désordre envahit Son œuvre ! Et la Toute-puissance de Dieu
? Il ne semble pas faire respecter Ses lois.
Ceci explique qu'il ne suffit pas de montrer que Dieu est, ce
qu'Il est, pour satisfaire notre entendement obscurci et rebelle.
L'homme ne peut pas parvenir à la connaissance de Dieu par le
travail de sa raison. L'homme connaît Dieu et est assuré de son
existence par une expérience vivante. La certitude de Son
existence ne repose pas sur un échafaudage philosophique,
mais sur le fait que Dieu s'est approché de nous, est venu à
nous et nous a saisis. L'homme ne s'élève pas à Dieu, mais
Dieu dans Sa grâce est venu vers nous (Jean 3 , 13 ; 1 , 14.) Le
croyant est assuré de l'existence de Dieu, parce qu'Il en a
éprouvé la réalité dans sa vie, et non parce qu'il peut en donner
des preuves scientifiques. Ces preuves existent pour lui, mais il
évite les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse
science dont quelques-uns font profession (I Timothée 6 , 20-
21.)
Le croyant témoigne de l'existence de Dieu dans ce monde,
et son témoignage vivant a plus de force et de poids que toutes
les preuves raisonnées.
Si tu veux être assuré que Dieu existe, toi qui te heurtes à
des difficultés intellectuelles dans la recherche de la vérité, ne
te dérobe pas plus longtemps à la main de Dieu, qui te cherche
et
35
qui veut te saisir (Ésaïe 50 , 2.) Abandonne tes vaines et
stériles recherches dont la poussière t'obscurcit la vue, désire
rencontrer Dieu, et soudain tu verras Dieu devant toi, et en Lui
tu te découvriras toi-même.
Alors seulement, saisi et subjugué par Dieu, dans cette
création qui soupire (Romains 8 , 22), dans la nature qui
t'offrait tant de choses contradictoires, tu discerneras avec force
la puissance éternelle et la divinité du Créateur (Romains 1 ,
20.) Le muet langage de l'étendue des cieux parviendra à ton
cœur (Psaume 19 , 1-3.) La voix de ta conscience sortant d'un
long sommeil te rappellera ton origine en te montrant tes
erreurs (Psaume 19 , 12.)
L'existence de Dieu n'est donc pas un objet de recherche, un
sentiment vague, une idée obscure, mais un fait indépendant de
nos circonstances bonnes ou mauvaises. Les événements
fâcheux qui atteignent ce monde, les épreuves pénibles
rencontrées sur notre route, nos souffrances actuelles ne
sauraient la mettre en doute, pas plus que l'insuffisance des
preuves scientifiquement développées. Les paroles de l'Écriture
accusent les païens, non pas d'avoir négligé les études pour
parvenir à la connaissance de Dieu, mais d'avoir méconnu la
vérité divine qui se découvre manifestement à tous dans la
création (Romains 1 , 18.) La négation de Dieu est donc une
offense à la nature et une offense à la raison.
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À vrai dire, les libres penseurs, les positivistes, les
matérialistes, les rationalistes renient la foi, non parce qu'ils ne
peuvent pas croire, mais parce qu'ils ne veulent pas croire.
L'orgueil des uns ne peut tolérer la suprématie d'un Être divin,
auquel ils auraient à rendre compte de leur conduite. Le
désespoir, le dépit, la révolte des autres qui ont vu les plans
chéris de leurs cœurs bouleversés les conduisent à rejeter l'idée
d'un Dieu juste et puissant. Si cet Être existait, n'aurait-Il pas
dû, en bon et puissant esclave, réaliser tous leurs projets ?
D'autres encore, voulant assouvir les inclinations mauvaises de
leurs cœurs, excluent la pensée gênante d'un Dieu saint. Ces
derniers malheureux ne sont cependant pas très dangereux pour
la foi chrétienne. Les grands ennemis de la foi sont bien plutôt
ceux qui font de leur esprit leur dieu, de leur raison leur unique
sagesse. Tout en s'appelant peut-être comme Nietzsche : «
Nous autres immoralistes» - «Nous autres sans patrie », ils ne
sont pas nécessairement de grands jouisseurs, ils ne vivent pas
toujours dans les péchés grossiers. Peut-être sont-ils, comme
Nietzsche et tant de grands révoltés, des chastes, des hommes
dont la vie privée semble irréprochable. Ce sont u des purs
selon le monde, mais certainement pas «des purs» selon Dieu
(Matthieu 5 , 8.) Leurs pensées, leurs paroles, leurs écrits sont
des blasphèmes. On ne leur connaît pas selon le monde de
«grands péchés », mais pourtant ils
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vivent dans « le péché », car la pureté selon Dieu c'est «
« l'obéissance à la vérité » (I Pierre 1 , 22.)
S'ils renient et nient Dieu, si avec Renan ils s'écrient : « Notre
Père le Néant », c'est pour mieux croire en eux-mêmes et
s'adorer eux-mêmes. Ce péché-là, c'est l'arbre mauvais. Tous
les autres péchés ne sont que les fruits de cet arbre maudit
(Romains 7 ,5.)
Cet orgueil de l'esprit humain qui, à l'instar de Satan (Ésaïe
14 , 13), veut supplanter Dieu, engendre tous les péchés. Il est
la cause de la guerre et de tous les maux. Le péché de certains
intellectuels, s'en rendent-ils compte, encourage les péchés des
classes ignorantes. Après avoir sapé au nom de la raison toutes
bases religieuses, ou simplement après avoir jeté le doute sur
les valeurs les plus sacrées, il ne faut pas s'étonner que tout
chancelle. « On ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme
aura semé, il le moissonnera aussi (Galates 6 , 7.)
Vous qui êtes si édifiés par l'exemple d'athées et d'incrédules
de votre connaissance, souvenez-vous que le péché, c'est
s'opposer à la volonté de Dieu, c'est détrôner Dieu. Ne nous
laissons pas illusionner par de belles apparences ou entraîner
par les divagations de notre esprit, mais souvenons-nous de
notre Créateur pendant qu'il en est temps encore ! (Ecclésiaste
12 , 1.) Réconcilions-nous avec Lui (Job 22 , 21), avant que le
Dieu vivant ne nous amène en jugement devant Lui
(Ecclésiaste 11)
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Notre destination est de glorifier Dieu ; si nous y manquons,
nous nous rapprochons de la bête.
Si nous sommes troublés par le problème du mal, du péché,
de la souffrance, des injustices ; si nous estimons Dieu injuste
ou impuissant, réalisons ce que nous sommes : fils de la
poussière, atome dans l'espace, éclair dans le temps, et nous
constaterons combien nos doutes sont misérables.
Qui sommes-nous pour analyser Dieu, le peser dans notre
balance, le soumettre à nos appréciations humaines et à nos
critiques insensées ? La chose formée, dira-t-elle à Celui qui l'a
formée : « Pourquoi m'as-tu ainsi faite ? » (Romains 9 , 20.) Si
nous pouvions sonder tous les problèmes, nous ne serions plus
créatures, mais Dieu Lui-même. Apprenons à Le connaître et à
nous connaître, et nous constaterons que le péché et l'injustice
sont en nous et non en Dieu. Le rejet de Christ, le Saint et le
juste, rejet qui se perpétue au travers des âges, n'est-il pas une
preuve de l'injustice de l'homme et de son état de péché ?
N'est-ce pas notre orgueil, notre vanité qui nous aveugle ?
Acceptons les réponses de la foi et nous comprendrons ! Ce
sont nos dieux profanes ou religieux, que nous nous sommes
choisis nous-mêmes, qui sont injustes et qui nous ont trompés.
Ce sont eux qu'il nous faut rejeter pour revenir au vrai Dieu
que nous
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avons méconnu et abandonné. La chrétienté est retournée au
paganisme. Sous un vernis de christianisme, elle s'est créé une
nouvelle mythologie. C'est là son péché et sa ruine.
En revenant à Dieu, en nous inclinant devant Lui, nous
serons sauvés. Dans la reconnaissance de Sa souveraineté
absolue et dans l'humble confession de notre dépendance, nous
trouverons l'apaisement. Nous pourrons comprendre que « Ses
pensées ne sont pas nos pensées » (Ésaïe 55 , 8.) Nous
pourrons admettre que le Dieu Créateur peut avoir des pensées
et des vues qui nous dépassent et que nous ne saisissons pas.
Après ces considérations que nous jugions nécessaires pour
la bonne compréhension de notre sujet, nous disons donc que
l'Objet direct de la foi n'est pas l'existence de Dieu, mais Dieu
Lui-même, tel qu'Il se révèle en Jésus Christ (Jean 17 , 3), et
dont l'Ecriture sainte rend témoignage (Jean 5 , 39.) L'Objet de
la foi comprend donc toutes les vérités révélées par Dieu et qui
se trouvent réunies en une seule personne, Jésus (Éphésiens 4 ,
21), le Saint et le Véritable (Apocalypse 3 , 7.) Christ est l'objet
immuable de la foi, mais on ne peut et on ne doit pas séparer
les vérités bibliques de Sa personne adorable.
Parce que nous ne connaissons encore qu'en partie (I
Corinthiens 13 , 12), il peut exister des différences
d'interprétation de détail. Par contre
40
un homme qui dit avoir la foi et qui nie certaines vérités
scripturaires, telles que la préexistence éternelle du Christ, Sa
divinité, les miracles, la résurrection, ou qui spiritualise des
vérités clairement établies, ne possède qu'une foi vaine,
hypocrite et morte (I Corinthiens 15 , 14 ; Matthieu 15 , 7-9 ;
Jacques 2 , 26.. Ce n'est pas la foi, mais l'incrédulité qui se
promène sous le manteau de la foi (Jacques 2 , 14.)
D'autre part, si la foi se détourne de son objet unique, qui
renferme toute la Révélation, pour se porter sur des traditions
humaines même les plus antiques et les plus dignes de respect
(Colossiens 2 , 23), ou sur des conceptions scientifiques même
les plus plausibles (Colossiens 2 , 8), elle perd par le même son
caractère essentiel, en cessant d'être exclusivement religieuse.
En terminant ce chapitre, je résumerai ce que nous devons
croire selon les Écritures pour être sauvés
Pour avoir la vie éternelle, nous devons croire du cœur que
Jésus Christ venu en chair est le Fils unique et éternel de Dieu
(Jean 3 , 16 ; I Jean 4 , 2.) Cette foi n'est pas intellectuelle, elle
n'est pas une opinion théologique, mais une assurance, une
conviction qui nous conduit à des actes, nous amenant à nous
confier en Lui et à soumettre toute notre vie à Son contrôle
(Galates 2 , 20.)
Nous devons croire à l'Évangile (Romains 1 , 16 ; I
Corinthiens 15 , 1-4.) Cet évangile, par lequel nous
41
sommes sauvés, nous annonce que Christ est mort pour nos
péchés selon les Écritures, qu'il a été enseveli, et qu'Il a été
ressuscité le troisième jour selon les Écritures (I Corinthiens 15
, 1-4.) Croire à l'Évangile implique la reconnaissance de jésus
comme Sauveur et Seigneur de tout notre être (I Corinthiens 6 ,
19-20.)
Pour être sauvés nous devons confesser de notre bouche
Jésus comme Seigneur et croire dans notre cœur que Dieu l'a
ressuscité d'entre les morts (Romains 10 , 9.) Cela comporte la
foi en Sa divinité, car si à nos yeux Jésus est né selon la chair
de la semence de David, Il a été déterminé Fils de Dieu en
puissance, selon l'Esprit de Sainteté, par la résurrection d'entre
les morts (Romains 1 , 4.) La résurrection de Christ,
démonstration de Sa divinité, devient le fondement de notre foi
en Sa mort expiatoire. Notre foi en l'œuvre rédemptrice de
Christ trouve dans la résurrection du Seigneur le sceau de Dieu
sur la vie de Jésus et sur Son sacrifice et Son approbation de
cette vie et de ce sacrifice (Romains 4 , 25.) Christ étant
ressuscité, nous sommes conduits à croire à Son élévation dans
la gloire (Éphésiens 1 , 20), à Son intercession actuelle pour
nous et à Sa puissance pour nous délivrer du péché (Hébreux
7 , 5.)
Pour être sauvés, nous devons croire que jésus peut et veut
nous pardonner nos péchés (Luc 7, 36-50.) En croyant cela,
nous reconnaissons et nous confessons que Jésus Christ est
42
Dieu, car un seul peut pardonner les péchés Dieu (Marc 2 , 7.)
« Crois au Seigneur Jésus, disait Paul au geôlier de Philippe, et
tu seras sauvé » (Actes 16 , 31.) De cette affirmation et de cette
circonstance, il ressort clairement que l'Objet de la foi c'est
Christ, une personne, et non un certain nombre de vérités. Mais
en croyant en cette personne et en étant ensuite enseigné dans
Sa Parole, on recevra également toutes les vérités qui se
rattachent à notre Sauveur, avec lequel elles formeront bientôt
pour nous une seule réalité vivante.
La foi qui sauve est donc autre chose qu'une adhésion
intellectuelle aux vérités révélées dans la Bible, et bien plus
qu'une simple confiance dans la parole d'un homme. La
confiance est cependant d'une importance extrême comme
point de départ de la foi. Mais la Parole révélée, objet de cette
confiance, ne doit servir qu'à nous amener à la vérité divine
qu'Elle renferme, à nous introduire auprès de la personne
vivante de qui l’Écriture émane. La foi est plus que
l'appropriation de certaines promesses. Elle nous fait vivre en
relations intimes avec Dieu Lui-même, connu comme Père, et
avec Son Fils bien-aimé connu comme Sauveur, Ami et Maître
de notre vie.
« Il n'y a de salut en aucun autre ; car aussi il n'y a point
d'autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par
lequel il nous faille être sauvés » (Actes 4 , 12.)
CHAPITRE V
LE MOTIF DE LA FOI
Le motif qui nous fait admettre une chose comme vraie, peut
être triple
A. Ou bien la chose est évidente : tout le monde reconnaît
par exemple que « la partie est plus petite que le tout. »
B. Ou bien la chose peut être vérifiée par l'expérience ou
démontrée par le raisonnement
tel est le cas de toutes les lois physiques et des théorèmes de
géométrie.
C. Enfin, nous pouvons connaître une chose par le
témoignage d'autrui.
Il serait tout à fait ridicule et déraisonnable de n'admettre
comme vrai que ce qui est évident et ce qui peut être constaté
expérimentalement ou logiquement démontré. S'il en était
ainsi, il faudrait supprimer l'histoire : car comment établir
l'existence de César, de Jeanne d'Arc, de Napoléon, etc... par
d'autres preuves que le témoignage ?
44
Sans la foi, la vie humaine s'arrêterait, car la foi s'exerce
dans un domaine immense, puisque chacun croit infiniment
plus de choses qu'il n'en voit ou qu'il n'en a scientifiquement
vérifiées.
Le motif de la foi, ce n'est ni l'évidence, ni la vérification
possible des vérités qui nous sont enseignées, c'est le
témoignage qui repose sur l'autorité de Dieu.
Tout acte de foi peut donc se formuler ainsi
« Je crois parce que Dieu l'a révélé et que Dieu est la vérité
souveraine, incapable de se tromper et de nous tromper. »
L'acte de foi suppose par conséquent comme établi le fait
même de la Révélation. Il est évident qu'on ne peut croire une
personne que si on est certain auparavant que cette personne a
parlé.
La raison de la foi repose donc sur la confiance en Dieu qui
a parlé et sur la véracité de Son témoignage. Ce témoignage a
été confirmé visiblement par la venue de Jésus Christ sur la
terre, né en Palestine sous le règne de l'empereur romain
Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, et Hérode
tétrarque de la Galilée (Luc 3 , 1.)
Dieu n'a pas voulu rester le «Dieu inconnu »auquel les Grecs
avaient élevé un autel (Actes 17 , 23), ni le Dieu qui se cache
(Ésaïe 45 , 15) et que servaient les Israélites. Pour les uns et les
autres, Il voulut devenir un Dieu proche et connu. Après s'être
révélé aux pères par les prophètes, Il nous parla dans le Fils ou
« en Fils »
45
(Hébreux 1 , 2.) Quittant la gloire et la lumière inaccessible, Il
habita au milieu des hommes dans un corps de chair semblable
aux nôtres, mais sans péché (Romains 8 , 3 ; Hébreux 4 , 15.)
Jésus Christ, le Verbe divin, la Parole incarnée (Jean), l'Image
du Dieu invisible (Colossiens 1 , 15), le resplendissement de
Sa gloire, l'empreinte de Sa substance (Hébreux 1 , 3), vint au
milieu des hommes leur dévoiler la gloire du Dieu
incorruptible (I Timothée 1 , 17). Oui, la gloire de Dieu :
justice, sainteté, puissance, lumière, vérité, amour et grâce, ce
merveilleux ensemble des perfections divines fut manifesté en
Jésus Christ, qui marcha et parla sur la terre. Aussi, quiconque
contemple encore aujourd'hui Jésus dans les évangiles, se
trouve infailliblement devant cette alternative : se décider pour
ou contre Lui. On ne peut avoir une attitude neutre devant
Jésus Christ, car Il n'est pas seulement un grand personnage
historique, mais la Révélation de Dieu en chair, le Verbe par
qui ont été créées et par qui subsistent toutes choses
(Colossiens 1 , 16-17) ; le Saint et le juste renié et mis à mort
par la main d'hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité d'entre
les morts, l'établissant juge des vivants et des morts (Actes 10 ,
42.) Tous les prophètes et les apôtres lui rendent témoignage
que, par Son nom, quiconque croit en Lui reçoit la rémission
des péchés, et que de tout ce dont les hommes n'ont pu être
justifiés par la Loi de
46
Moïse, quiconque croit est justifié par Lui (Actes 10 , 43.)
Le départ de Jésus Christ de la scène de ce monde n'est pas
une disparition, mais une courte absence aux yeux de Celui
pour qui un jour est comme mille ans et mille ans comme un
jour (II Pierre 3 , 8.) Sa résurrection n'est pas une légende
inventée par de grossiers imposteurs. Elle est une certitude
établie sur plusieurs preuves assurées (Actes 1 , 3 ; I
Corinthiens 15 , 4), et attestée par de nombreux témoins plus
dignes ou aussi dignes de foi qu'Hérodote, Josèphe ou
Michelet, les grands historiens qui nous documentent sur
l'histoire antique, l'histoire juive, et l'histoire de France.
Après avoir trouvé le tombeau vide, des yeux de chair
semblables aux nôtres ont contemplé en Christ ressuscité les
marques des clous du Crucifié. Le doigt de Thomas s'est posé
dans les stigmates que les clous de la Croix ont laissés dans les
mains du Christ ressuscité. Une main humaine a pénétré dans
le côté percé par la lance romaine sur le mont Golgotha (Jean
20 , 24-29.) Puis, après avoir été vu et entendu par Ses
disciples durant quarante jours (Actes 1 , 3), leur ayant fait la
promesse qu'Il reviendrait, Il fut élevé dans le ciel, d'où Il était
venu, et s'assit à la droite de Dieu (Actes 1, 9 ; Hébreux 10 ,
12 ; Philippiens 2 , 9-11.)
Selon le témoignage des apôtres, Jésus Christ mort pour nos
fautes au Calvaire, ressuscité
47
pour notre justification (Romains 4 , 25), est donc actuellement
vivant dans le ciel, comme Il est présent sur la terre par Son
Esprit dans le cœur de tous ceux qui croient. Du mont des
Oliviers, les apôtres purent suivre du regard l'ascension de leur
Maître bien-aimé, qu'une nuée reçut et emporta de devant leurs
yeux (Actes 1 , 9.) Étienne, Paul et Jean ont vu le ciel ouvert et
y ont contemplé et entendu des choses ineffables que l'homme
ne peut dépeindre et ne saurait exprimer. Dès lors, ils furent les
témoins vivants et bouillants de leur Maître, invisible aux yeux
du monde, mais présent dans leur cœur par le St Esprit. Ils
savaient où était leur Seigneur. Le St Esprit descendu sur eux
le jour de la Pentecôte avait été l'accomplissent de la promesse
de Jésus : «Il vous est avantageux que Moi je m'en aille ; car si
je ne m'en vais, le Consolateur né viendra pas à vous ; mais si
je m'en vais, je vous l'enverrai... Quand celui-là, l'Esprit de
vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité » (Jean
16 , 7-13.) Ils connaissaient aussi l'activité de leur Seigneur
dans la gloire. Il leur préparait des places dans les demeures de
la Maison du Père (Jean 14 , 2) à eux et à tous ceux qui
croiraient en Lui par leur témoignage. Ils le savaient occupé à
intercéder pour eux auprès du Père comme un fidèle Souverain
Sacrificateur pouvant sympathiser à leurs infirmités, ayant été
tenté en toutes choses comme eux à part le péché
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(Hébreux 4 , 15.) Ils avaient l'assurance qu'Il était auprès de
Dieu leur Avocat divin, le garant de leur salut acquis au prix de
Sa vie, la propitiation pour leurs péchés et non seulement pour
les leurs, mais aussi pour le monde entier (I Jean 2, 1-2.) Ils le
savaient prêt à revenir les chercher (I Corinthiens 15, 51-53 ; I
Thessaloniciens 4 , 13-18), puis à établir Son règne à l'heure
dont le Père a seul connaissance (Matthieu 24 , 36.) Ignorant
donc le jour et l'heure du retour de leur Maître, ils vivaient
constamment dans cette attente, veillant sans cesse sur leurs
pensées, leurs paroles, leur conduite, afin d'être trouvés dignes
de Lui à Sa venue (I Thessaloniciens 5 , 23.)
Témoins des choses qu'ils avaient vues et entendues, la
plupart des apôtres moururent martyrs pour le témoignage de
Jésus et pour la Parole de Dieu. Pourtant, leur voix ne s'est pas
tue. Quoique morts, ils parlent encore. Ils parlent par leurs
écrits divinement inspirés, et avec la même ardeur qu'autrefois,
ils vous conjurent, chers lecteurs, si vous ne l'avez pas encore
fait jusqu'ici, de recevoir leur témoignage en acceptant Christ
comme votre Sauveur personnel. Le monde et les hommes sont
sans excuse. Jésus Christ, le Fils éternel de Dieu, crucifié en
faiblesse, ressuscité en puissance et accordant le pardon des
péchés et la vie éternelle à quiconque croit (Jean 3 , 16) est le
suprême motif de croire. Jésus dit : « Moi je suis venu dans le
monde, la lumière,
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afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les
ténèbres. Et si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde
pas, moi, je ne le juge pas ; car je ne suis pas venu afin de juger
le monde, mais pour sauver le monde. Celui qui me rejette et
qui ne reçoit pas mes paroles, a son juge ; la parole que j'ai
dite, celle-là le jugera au dernier jour. Car moi, je n'ai pas parlé
de moi-même ; mais le Père qui m'a envoyé, lui-même m'a
commandé ce que je devais dire, et comment j'avais à parler ;
et je sais que Son commandement est la vie éternelle. Les
choses donc que moi je dis, je les dis comme le Père m'a dit »
(Jean 12 , 46-50.)
« Si je n'étais pas venu et que je ne leur eusse pas parlé, ils
n'auraient pas eu de péché ; mais maintenant ils n'ont pas de
prétexte pour leur péché » (Jean 15 , 22.)
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CHAPITRE VI
D'OÙ VIENT LA FOI
ET COMMENT L'OBTENIR
La foi, fruit de la grâce divine, est l'œuvre du St Esprit en
nous.
Le St Esprit, glorieusement libre, peut opérer en l'homme de
façons très diverses. Il n'est jamais soumis à des règles établies
à l'avance. Il peut saisir brusquement un individu jusqu'alors
opposé à Dieu et le convaincre, comme Il peut aussi opérer
d'une façon progressive en soumettant son intelligence et sa
volonté à Son action bénie.
Le motif de la foi étant l'autorité du témoignage divin, il faut
donc pour croire, écouter, connaître ce témoignage, s'assurer si
Dieu a parlé. Ceci se fait par la lecture de la Bible et par l'étude
des motifs qui nous déterminent à croire à l'existence de la
Révélation. Ainsi, approchons-nous de la Parole, et suivant le
conseil de Jésus, « sondons les Écritures » (Jean 5 , 39.) En
elles nous découvrirons de puissants
52
motifs de croire. Devant le contenu de la Bible, considérant sa
formation, son existence et sa préservation au travers des âges,
ses effets dans le monde et dans le cœur des hommes, des
convictions nous seront données. Seulement souvenons-nous,
en la lisant, que la Bible est un livre pour les petits enfants et
pour les grands savants, mais qu'elle reste fermée à ceux qui se
croient sages et qui font de l'intelligence une fin et non un
moyen. Quand l'esprit aura acquis l'assurance que Dieu a parlé
dans ce Livre, un grand pas sera fait en direction de la foi, le
motif de croire devenant l'autorité du Dieu qui ne peut mentir.
Cependant pour que l'esprit s'incline quand nous aurons
acquis la certitude de la Révélation, l'acte de foi par lequel
nous adhérons du cœur à l'objet de la foi exige le concours de
la volonté pour deux raisons. 1. L'homme peut résister à la
grâce qui le sollicite. «Vous ne voulez pas venir à moi pour
avoir la vie », disait jésus à ceux qui l'écoutaient (Jean 5 , 40.)
2. Parce que les motifs de croire, quoique suffisants à
engendrer la certitude, peuvent laisser subsister le doute dans
une âme mal disposée. Pour que l'esprit s'incline, il faut vouloir
et aimer la vérité, quelles que soient les ombres qui
l'enveloppent encore, ou quelque opposition qu'il y ait entre ce
qu'elle prescrit et les inclinations de notre cœur. Ainsi, comme
l'a dit saint Augustin : « l'homme ne peut croire sans le vouloir
».
53
Laissées à elles-mêmes, l'intelligence et la volonté humaines
ne sauraient parvenir à la foi. L'opération de la grâce est
nécessaire pour trois raisons
I. Pour illuminer et diriger notre esprit, afin qu'elle écarte les
erreurs et les préjugés qui pourraient l'empêcher de reconnaître
le fait de la Révélation et de recevoir dans le cœur les vérités
qu'elle contient, et qui, loin d'être évidentes, dépassent notre
intelligence ;
2. pour purifier et fortifier la volonté. Il faut que la grâce
incline le cœur à accepter des vérités qui répugnent à ses
passions. L'acte de foi, en effet, n'est pas seulement théorique,
c'est-à-dire une adhésion intellectuelle aux vérités du
christianisme. La vérité comporte non seulement une doctrine,
mais une vie qui doit se manifester d'une façon pratique dans
notre existence de tous les jours ;
3. parce que la foi nous transporte sur le terrain surnaturel et
que seule la grâce peut établir un pont sur cet abîme qui sépare
les choses visibles des invisibles.
De ce qui précède, et selon l'enseignement. des Écritures, il
résulte donc que la foi est
A. Un don de Dieu, qui devient chez celui qui le reçoit « le
moyen de salut », le lien qui unit son cœur à Dieu, source
unique de toute grâce (Éphésiens 2 , 8.) De même que tous les
autres dons
54
de Dieu, celui-ci est gratuit et à la disposition de quiconque. Il
n'y a point d'acception de personne devant Dieu. Il vous est
offert aujourd'hui, cher lecteur.
B. La Parole de Dieu est l'instrument que Dieu choisit et qu'Il
emploie pour nous communiquer la foi (Romains 10 , 17 ;
Actes 4 , 4.) Ceci est vrai de la foi qui sauve. C'est en écoutant
la Parole du Seigneur prêchée par Paul et Silas que le geôlier
de Philippe fut amené à la foi et fut baptisé (Actes 16 , 32-33.)
C'est également le cas pour la foi du croyant qui obtient
l'exaucement de sa prière. La prière puissante est celle qui
s'appuie sur les promesses de Dieu, mais pour cela il faut les
connaître. Aussi, lisons la Bible et nourrissons nos âmes de la
Parole du Dieu qui ne peut mentir. C'est vrai aussi pour la foi
sous tous ses aspects. La foi vient de la Parole de Dieu et
grandit au moyen de cette nourriture. Si nous désirons que
d'autres arrivent à la foi, ou croissent en elle, donnons-leur la
Parole de Dieu, et exhortons-les à la lire chaque jour.
C. La foi est l'œuvre du Saint Esprit (Jean 16 , 8-11) qui rend
la parole vivante et la fait pénétrer dans le cœur.
La lecture de la Bible nous faisant découvrir la sainteté, la
justice et l'amour de Dieu, et par contraste notre souillure,
notre péché, la malice de notre cœur, nous sommes mis en
demeure de
55
reconnaître notre état et de rompre, par une vraie repentance,
avec notre passé. La vraie foi implique la confession et
l'abandon du péché. Elle est inséparable d'une réelle repentance
(Actes 2 , 38 ; 3 , 19), dont l'élément principal est un
changement qui nous amène à Christ. Cette conversion, qui
conduit à la nouvelle naissance, est l'œuvre du St Esprit.
Le St Esprit sollicite tous les hommes. Depuis qu'Il est sur la
terre « Il convainc le monde de péché, de justice et de jugement
(Jean 16 , 8.) Si l'homme résiste à cette conviction, faisant taire
la voix de sa conscience, il reste alors dans son état de péché et
n'a plus qu'à attendre l'exécution du jugement de Dieu. Jésus
dit même « qu'il est déjà jugé » (Jean 3 , 18.) Si par contre il
ouvre son cœur à l'œuvre du Saint Esprit et confesse sa misère,
l'Esprit Saint le mène plus loin. L'arrachant à lui-même, à son
péché, Il le conduit à la croix du Calvaire et lui présente Christ,
le Sauveur parfait qui a porté tous ses péchés.
Si nous voulons recevoir la foi, ne résistons pas à la
conviction de péché que veut créer en nous le St Esprit par la
Parole de Dieu. Pour entrer dans le Royaume de Dieu, deux
conditions sont requises : «repentez-vous », condition négative,
qui met l'homme dans la poussière, et « croyez à l'Évangile »,
condition positive, qui place l'homme régénéré dans le ciel
même où Christ est assis (Marc 1 , 15 ; Éphésiens 2 , 6.)
56
D. Jésus est le Chef et le Consommateur de la foi (Hébreux
12 , 2.) Pour être conduit dans le sentier de la foi, il nous faut
suivre Jésus. Il est le Guide de notre foi. Dans Sa marche ici-
bas, Il nous a tracé et ouvert le chemin. Maintenant, Il nous y
attire et nous aide à le suivre. Jésus dans Sa vie terrestre a
rendu la foi parfaite. Il a montré aux hommes ce que peut la
foi, ce qu'elle est, ce qu'elle vaut, et comment elle met Dieu au-
dessus de tout. Il veut rendre aussi la foi parfaite en nous,
lorsqu'Il devient lui-même l'Objet de notre foi et qu'Il peut
alors transformer à Son image ceux qui le contemplent. Il fait
de la foi en Lui le secret d'une vie paisible, sainte et
triomphante. Cette vie n'est sainte qu'en rapport avec Christ.
Les progrès dans la foi n'améliorent pas ma nature, qui reste
mauvaise. La foi grandit en moi, quand elle détourne mes
regards de moi-même et les fixe sur Christ. Je n'ai et n'aurai
jamais en moi-même ni sagesse, ni justice, ni sainteté, mais ma
foi en Christ m'impute la sagesse, la justice, la sainteté et la
rédemption divines (I Corinthiens 1 , 30.)
Si nous désirons posséder la foi, demandons à Dieu dans la
prière, par laquelle nous confessons notre impuissance et notre
dépendance, qu'Il nous ouvre les yeux. Alors nous connaîtrons
que la foi n'est pas autre chose qu'un grand Oui dit à Dieu, une
parole qui est là près de nous, dans notre bouche et dans notre
cœur (Romains 10 , 6-10.)
57
Si. nous voulons que notre foi s'affirme, comptons sur les
promesses de Dieu. C'est parce qu'il ne forma point de doute
sur la promesse de Dieu qu'Abraham fut fortifié dans la foi,
pouvant donner gloire à Dieu (Romains 4 , 20.) Pour que notre
foi ne vacille pas, détournons nos yeux du monde et des
circonstances et fixons-les sur Jésus (Matthieu 14 , 29-31.)
Si nous désirons amener une âme à la foi, mettons-la en
présence des promesses divines et retenons son attention sur
elles.
Un grand obstacle à la foi vient de ce qu'on recherche la
gloire des hommes, au lieu de rechercher uniquement celle qui
vient de Dieu (Jean 5 , 44.) La foi ne pourra jamais prospérer
dans une atmosphère d'égoïsme, de recherche de soi-même et
d'orgueil.
«Combien sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la
paix, de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles. Mais tous
n'ont pas obéi à l'évangile ; car Ésaïe dit : « Seigneur, qui est-ce
qui a cru à ce qu'il a entendu de nous ? » Ainsi la foi, est de ce
que l'on entend, et ce qu'on entend par la Parole de Dieu
» (Romains 10 , 15-17.)
_______________________
CHAPITRE VII
LES CARACTÈRES
DE LA FOI QUI SAUVE
Nous avons dit, dans notre deuxième chapitre, que la foi,
c'est croire. Hâtons-nous cependant de distinguer entre foi et
foi.
On peut dire que l'on croit et ne pas être sauvé. On peut dire
avoir la foi (Jacques 2 , 14), et vivre dans une tragique illusion.
Jésus, déjà, ne se fiait pas à ceux qui croyaient en Lui (Jean
2 , 25.) La vraie foi n'est pas une profession intellectuelle,
extérieure, mais une réalité intérieure, qui produit des fruits
conformes à la vie de Dieu dans notre vie extérieure.
La foi qui repose sur le sentiment, la sentimentalité, n'est pas
la vraie foi. Si les miracles de jésus étaient pour ceux qui les
voyaient une raison péremptoire de croire ( Jean 8 , 38 ; 14 ,
11) s'ils pouvaient produire la foi chez une minorité de gens
sincères (Jean 4 , 53), le plus souvent ils produisent chez les
hommes charnels la fausse foi (Jean 6 , 2, 14-15, 30, 41, 66), et
chez ceux
60
qui ne sont pas sincères, l'incrédulité (Jean 5 ,14-18 ; 9 , 13-
34 ; 11 , 46-53 ; 12 , 37-41.) « Heureux, disait Jésus, ceux qui
n'ont pas vu et qui ont cru » ( Jean 20 , 29.)
Beaucoup de ceux qui avaient été vivement touchés dans des
réunions, sont retournés en arrière : ils n'étaient pas réellement
«nés de nouveau » ; ils n'avaient pas reçu la vie éternelle. On
peut éprouver des émotions, être même profondément ébranlé,
sans que le cœur soit réellement changé. Les dons spirituels les
plus grands ne sauraient remplacer le fruit de l'Esprit (Galates
5 , 22.) Une grande ardeur, une joie exubérante ne prouvent pas
non plus que l'âme ait reçu la vie éternelle.
L'Écriture donne de solennels avertissements quant à la
possibilité de recevoir «la grâce de Dieu en vain », de bien
commencer, puis de déchoir de la grâce. (II Corinthiens 6 , 1 ;
Galates 5 , 4.) Plus d'une fois, le Seigneur parle de ceux qui
reçoivent la Parole avec joie, mais qui n'ont pas de racine en
eux-mêmes. Ils ne croient que pour un temps (Luc 8 , 13.) Ceci
explique que des gens qu'on a pu prendre pour de vrais
croyants sont tombés sans espoir de retour. Superficiels, ils
n'ont pas persévéré dans la foi (Actes 14 , 22), ils ne l'ont pas
poursuivie (II Timothée 2 , 22), et Satan, après les avoir
illusionnés pour un temps sur leur état réel, s'est servi d'eux
pour discréditer la vraie foi par leurs reniements. L'apôtre
Pierre dans sa seconde épître leur applique ce
61
proverbe : « Le chien est retourné à ce qu'il avait vomi lui-
même, et la truie lavée, à se vautrer au bourbier » (Il Pierre 2 ,
20-22.) Leur cas est grave, car après avoir été une fois éclairés,
et avoir goûté du don céleste, ils n'ont désormais plus l'excuse,
en rejetant Christ, de ne pas savoir ce qu'ils font. Aussi, l'épître
aux Hébreux nous déclare qu'il est impossible pour eux d'être
«renouvelés encore à la repentance, crucifiant pour eux-mêmes
le Fils de Dieu et l'exposant à l'opprobre » (Hébreux 6 , 4-6.)
Après Jésus qui met en garde contre une profession de foi
apparente, mais sans réalité profonde, l'apôtre Paul nous
montre qu'on peut posséder une foi qui transporte les
montagnes, et pourtant n'être rien, s'il nous manque l'amour (I
Corinthiens 13 , 2.) Pas plus que beaucoup de paroles pieuses
(Matthieu 7 , 21), les actions extraordinaires ne sont preuves de
la vraie foi. Celle-ci a sa source et sa manifestation dans
l'amour de Dieu. La foi amène les hommes à être et non pas à
paraître. L’apôtre Jacques reprend également celui qui se
glorifie de sa foi tout en menant une vie coupable. Il lui dit :
« Tu crois que Dieu est un; tu fais bien, les démons aussi
croient, et ils tremblent » (Jacques 2 , 19.)
Il ne suffit pas de proclamer que Jésus Christ est le Fils de
Dieu. Pierre l'a fait (Matthieu 16 , 16), mais les démons aussi.
Écoutons plutôt : « Je connais qui tu es le Saint de Dieu
» (Marc 1, 24 ;
62
24), ou encore : « Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus Fils du
Dieu Très-Haut ? » (Marc 5 , 7.) D'aucuns de nos lecteurs
savent peut-être qui est le Christ. Peut-être même ont-ils une
connaissance très orthodoxe de Sa personne et de Son œuvre.
Seulement, qu'ils se souviennent que cette connaissance, à elle
seule, ne peut les sauver. La connaissance de Dieu n'est pas
une fin en soi, elle n'a pas de valeur en soi-même. Elle est un
service qui n'a de prix que par son sujet, sa tâche, son but,
honorer Dieu (Colossiens 1 , 9-10.) « La connaissance de Dieu
n'est pas une connaissance qui nous laisse intacts, elle est une
connaissance qui nous entraîne. Dieu nous prend à Son service.
Il ne nous laisse pas rester nous-mêmes et « le connaître » avec
indépendance. Il devient tout pour nous » 1. Pierre et les
démons ont confessé Christ avec des formules presque
identiques. Mais Pierre, en le faisant, agissait sous l'inspiration
divine, tandis que les démons obéissaient à la crainte. Voilà
pourquoi le Seigneur, qui lit dans les cœurs, qui regarde à la
source et à la nature d'une confession, peut proclamer Pierre «
bienheureux » (Matthieu 16 , 17), alors qu'Il dit au démon : «
Tais-toi » (Marc 1 , 25.) Pierre croit et aime, parce qu'il a été
aimé le premier (I Jean 4 , 19) ; les démons savent, croient,
mais ne connaissent pas l'amour qui bannit la crainte (cf.
Jacques 2 , 19 et I Jean 4, 18.)
1 KARL BARTH. La Confession de Foi de l'Église, p. g.
63
Prenons garde à la froide et sèche connaissance biblique. On
peut tout savoir sans posséder la foi. L'opération de la foi
transforme des vérités connues en réalités dans nos vies. On ne
sait plus, on ne croit plus, parce, qu'on nous a dit, mais on sait
et on croit pour avoir expérimenté l'amour du Seigneur (Jean
4 , 42.)
Veillons donc à ne pas confondre la foi avec des sentiments
religieux, la foi avec des actions spectaculaires ; la foi avec des
connaissances doctrinales étendues.
Comment donc pouvons-nous reconnaître les vrais croyants?
À ce principe universel : «Vous les reconnaîtrez à leurs fruits »
(Matthieu 7 , 20.) Une preuve irrécusable que nous sommes
enfants de Dieu, sera notre persévérance dans la sainteté et
dans l'obéissance à la Parole de Dieu (Hébreux 12 , 4.) Alors,
le Saint-Esprit rendra témoignage à notre esprit que nous
sommes enfants de Dieu (Rom. 8 , 16.) Tel est le premier
caractère de la vraie foi. Elle ne nous donne l'assurance de
notre salut que dans une communion vivante avec le Sauveur
Vivant et une marche dans la lumière (I Jean 1, 6-7.) Ceci ne
veut pas dire que le croyant soit impeccable, car «nous
faillissons tous à plusieurs égards » (Jacques 3 , 2.) Ayant la
foi, il nous sera impossible de vivre dans un état de péché, de
pratiquer l'iniquité (I Jean 3 , 4-12.) Toutefois, si nous ne
veillons pas constamment, si nos yeux ne sont pas fixés sans
cesse sur Jésus, une chute, ou même
64
plusieurs sont inévitables. Cependant cela ne peut être qu'un
accident dont nous pouvons être restaurés, en confessant notre
péché à Celui qui est fidèle et juste pour nous le pardonner et
nous purifier de toute iniquité (I Jean 1 , 9 ; cf. Proverbes 28 ,
13.) Le péché rompant la communion avec Dieu, il est
impossible pour celui qui l'a goûtée de vivre sans elle (lire
Psaume 32 et 51.) Certes le Seigneur a dit de ses brebis : « Je
leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et
personne ne les ravira de ma main » (Jean 10 , 28.) Toutefois,
d'après le contexte, ces paroles ne sauraient donner d'assurance
qu'aux brebis qui écoutent la voix du Bon Berger et qui le
suivent (Jean 10 , 27.) Pour elles, oui, il y a une assurance
totale, et avec l'apôtre Paul, s'appuyant uniquement sur Christ
en qui elles se trouvent, et non sur leur fidélité, elles peuvent
s'écrier au sein de toutes leurs misères et de leurs défaillances :
« Il n'y a désormais aucune condamnation pour ceux qui sont
dans le Christ Jésus ! Car je suis assuré que ni mort, ni vie, ni
anges, ni principautés, ni choses présentes, ni choses à venir, ni
hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature, ne pourra
nous séparer de l'amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus
notre Seigneur » (Romains 8 , 1, 38-39.) Ce chant de triomphe
est celui de la vraie foi !
Qu'il soit bien entendu que la foi véritable donne l'assurance
pleine et entière du salut. Mais que périsse
65
cette conception fausse et diabolique qui fait de la foi une
police d'assurance contre les risques de peines éternelles.
Personne ne reçoit l'assurance de son élection comme une
charte d'immunité pour vivre ensuite comme bon lui semble !
La foi est dans le cœur du croyant une loi morale, et le
germe d'une personnalité nouvelle (II Corinthiens 5 , 17.) Elle
est loin d'entraîner au relâchement moral, mais produit
nécessairement et spontanément des œuvres (Éphésiens 2 , 10.)
En effet, elle est la mort au péché qui est tué dans sa racine par
l'union du pécheur avec Christ mourant et ressuscité (Romains
6.)
Résumons maintenant les caractères de la vraie foi tels. que
nous les trouvons dépeints dans la Bible.
La foi qui sauve est celle du cœur (Romains 10 , 9-10.) Dans
les Écritures le cœur est le vase qui contient la pensée, les
sentiments, la volonté (Marc 7, 21-23.) La foi du cœur est donc
une foi qui gouverne la pensée, les sentiments et la volonté.
Elle se manifeste à l'extérieur par l'accomplissement des
œuvres que Dieu a préparées à l'avance afin que nous
marchions en elles (Éphésiens 2 , 10 ; cf. Hébreux 11 ; Jacques
2 , 14-25.)
Ainsi se concilient très bien la doctrine de Paul et celle de
Jacques. Pour l'un et l'autre, la foi qui sauve est celle qui
produit des œuvres, et les œuvres que Dieu agrée sont celles
que produit la foi (Romains 4 , 2-8 ; Jacques 2 , 18-26.) La
66
foi sans les œuvres est morte, or une foi morte n'est pas la foi !
La foi qui sauve est agissante par l'amour (Galates 5 , 6.) La
vraie foi est toujours unie à la charité. On peut avoir une foi
sans l'amour (I Corinthiens 13), mais on ne peut avoir le vrai
amour sans la foi. « On peut confesser que le Christ est venu et
ne pas aimer le Christ, mais impossible d'aimer le Christ sans
proclamer que le Christ est venu » (saint Augustin.)
La foi qui sauve reçoit Christ qui se donne à nous comme
Sauveur, comme Libérateur, comme Seigneur. Elle donne
l'assurance du pardon de nos péchés en se fondant uniquement
sur l'œuvre expiatoire de Christ (Romains 3 , 24-25.) Elle nous
libère de la puissance du péché en nous apprenant à compter
entièrement sur Christ (Jean 8 , 36 ; Romains 8 , 2-4.) Enfin,
elle soumet sans réserve notre esprit aux enseignements du
Maître et notre vie à Son contrôle absolu.
Elle se confie uniquement en Christ. Elle est inébranlable,
elle sait qui. elle croit (II Timothée 1 , 12.)
Elle invoque le nom du Seigneur (Romains 10 , 13-14.) Elle
ne recule pas devant la confession publique du nom de Jésus
et n'a pas honte de le confesser. Elle accomplit son service
malgré les dangers et les épreuves (Hébreux 10 , 38-39.)
67
Elle supporte l'épreuve qui l'épure et la fortifie à la louange,
à l'honneur et à la gloire de Dieu (I Pierre 1 , 7.)
Dans le passage d'Hébreux 11 , 1, nous trouvons encore deux
caractères de la foi : « elle est l'assurance des choses qu'on
espère, et la conviction de celles qu'on ne voit pas. »
Elle perçoit l'invisible et saisit les réalités spirituelles. De
même que nos sens nous mettent en relation avec le monde
physique, la foi nous met en relation avec le monde spirituel.
Ce qu'elle affirme dans le domaine spirituel a autant de valeur
que ce qu'affirment les sens dans le domaine physique, ou la
raison dans le domaine scientifique.
Si la foi qui sauve ne se repose pas sur l'évidence, elle n'est
cependant ni la crédulité, ni la spéculation, car elle a ses motifs
propres et ses méthodes de démonstration. Loin d'être aveugle
ou de se complaire dans l'ignorance, elle sait en qui elle croit
(II Timothée 1 , 12.) Elle connaît (à sa manière) ce qui surpasse
toute intelligence (Éphésiens 3 , 18 ; Jean 6 , 69.) Elle
comprend ce que les saints seuls peuvent comprendre
(Éphésiens 3 , 18.) En un mot, la foi a sa certitude
indépendante de la logique, comme « le cœur a ses raisons que
la raison ne connaît pas. » (Pascal) On voit que des trois
éléments de la foi : une connaissance plus ou moins claire de
son objet, c'est-à-dire de Dieu, la
68
conviction que la Parole est vraie, et la confiance en Lui, c'est
le dernier qui constitue essentiellement la foi religieuse. Pascal
l'a définie : « Dieu sensible au cœur. »
« Enfants, n'aimons pas de parole ni de langue mais en action
et en vérité. Et par ceci nous saurons que nous sommes dans la
vérité, et nous assurerons nos cœurs devant Lui, que, si notre
cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur et Il
sait toutes choses. Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne
pas, nous avons de l'assurance envers Dieu ; et quoi que nous
demandions, nous le recevrons de Lui, parce que nous gardons
Ses commandements et que nous pratiquons les choses qui
sont agréables devant Lui » (I Jean 3 , 18-23.)
________________
CHAPITRE VIII
L'ŒUVRE ET LES RÉSULTATS BÉNIS
DE LA FOI
L'œuvre de la foi est immense ! Ses résultats innombrables !
La foi nous met en possession du «si grand salut » de Dieu
(Hébreux 2 , 3), que nous ne saurions négliger sans manquer
sur la terre notre destination, et finalement sans encourir une
perdition éternelle.
Seule elle s'approprie ce salut gratuit offert à tous, par la
souveraine grâce de Dieu (Éphésiens 2 , 8 ; Romains 1 , 16 ; I
Timothée 2 , 4.)
Selon les déclarations divines, l'homme n'a pas à faire son
salut, et il ne le peut pas. Christ seul en est l'Auteur (Hébreux 5
, 9.) Sur la croix, Il a tout accompli (Jean 19 , 30) pour nous
sauver entièrement (Hébreux. 7 , 25.) Nous n'avons et nous ne
pouvons rien y ajouter, car sur le principe des œuvres de loi
nulle chair ne sera justifiée (Galates 2 , 16.)
À ceux qui lui demandèrent un jour : « que ferons-nous
70
pour faire les œuvres de Dieu ? » Jésus répondit : « C'est ici
l'œuvre de Dieu, que vous croyez en celui qui l'a envoyé
» (Jean 6, 28-29.)
Enumérons maintenant quelques-unes des opérations de la foi
a) La foi en Christ nous applique les pleins résultats de Son
œuvre expiatoire, et nous réconcilie avec Dieu pour l'éternité (I
Corinthiens 1 , 30-31 ; II Corinthiens 5 , 18.)
b) Par elle nous recevons présentement le pardon de tous nos
péchés, pardon immérité, mais efficace en vertu du sang versé
par le Sauveur (Colossiens 2 , 13.) Ce pardon devient en nous
une source intarissable de reconnaissance et d'amour.
c) Nous sommes justifiés sur le principe de la foi. La
justification totale que Dieu nous offre et qui fait le grand sujet
de l'épître aux Romains, est basée sur la malédiction qui est
tombée sur Christ (Galates 3 , 13.) Par la foi nous nous
approprions cette offre qui nous donne pour tout notre passé la
paix avec Dieu, Sa faveur pour le présent, et l'espérance de la
gloire pour l'éternité (Romains 5 , 1-2.)
d) Nous recevons la vie éternelle par la foi (Jean 3 , 16 ; 20 ,
31.) Christ est la vie (Jean 14, 6) ; la foi en Christ nous
communique cette vie (I Jean 5 , 11.) Nous la possédons dès
l'instant
71
où nous croyons (Jean 5 , 24 ; I Jean 5 , 13), et nous ne
pouvons la perdre (Jean 10 , 28.)
e) Par la foi nous recevons le droit d'être enfants de Dieu
(Jean 1, 12-13.) Quand nous acceptons Christ, Dieu nous
adopte dans Sa famille, et rien ne peut briser cette relation
d'enfants avec leur Père, relation qui fait de nous les héritiers
de Dieu et les cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons
avec Lui, afin d'être glorifiés avec Lui (Romains 8 , 17.) La foi,
s'appuyant sur les grandes et précieuses promesses de Dieu,
nous rend participants de la nature divine (II Pierre 1 , 4.)
f) Nous sommes sanctifiés par la foi. Dieu nous offre dans sa
Parole, une grâce sanctifiante que nous nous approprions par la
foi (Actes 26 , 18 ; Jean 17 , 17.)
g) Nos cœurs sont purifiés par la foi (Actes 15, 9.) Il y a dans
la Parole de Dieu une puissance purificatrice. Si nous croyons
en cette Parole, elle exercera cette puissance sur nos cœurs.
h) Par la foi, Christ habite dans nos cœurs et y accomplit Son
œuvre glorieuse (Éphésiens 3 , 17.)
i) Par elle, délivrés du pouvoir des ténèbres (Colossiens 1 ,
13), nous sommes déjà assis dans les lieux célestes dans le
Christ Jésus (Éphésiens 2 , 6.)
j) Par elle encore nous sommes maintenus debout (2
Corinthiens 1 , 24), la foi étant la victoire qui a vaincu le
monde et qui en triomphe sans cesse (I Jean 5 , 4.) La foi est
également le bouclier
72
par lequel le croyant peut éteindre tous les dards enflammés du
malin (Éphésiens 6 , 16.)
k) Par la foi, moyen de notre réconciliation avec Dieu, nous
entrons dans le repos, dans cette communion vivante avec
Dieu, dans laquelle l'âme trouve dès ici-bas et pour l'éternité le
repos et la paix (Hébreux 4 , 1-3 ; Matthieu 11 , 28-30.)
1) Pour l'instant, nous sommes sauvés en espérance
(Romains 8 , 24.) Nous possédons actuellement le salut par
anticipation, et la puissance de Dieu nous garde, par la foi,
jusqu'au jour de la pleine possession de ce salut, qui intéresse
non seulement notre âme, mais aussi notre corps, notre être
tout entier (I Pierre 1 , 5-9 ; Philippiens 3 , 20.) L'œuvre de la
rédemption comprend donc finalement le salut de nos corps
mortels, que Christ à sa venue transformera en la conformité de
Son corps glorieux (Philippiens 3 , 20-21.) Ainsi, l'Esprit de
celui qui a ressuscité le Christ d'entre les morts vivifiera nos
corps mortels aussi à cause de son Esprit qui habite en ceux qui
croient (Romains 8 , 11.) Si les avant-goûts de ce salut final
sont déjà une joie ineffable et glorieuse, que sera-ce quand
nous l'aurons atteint ? Si le salut est une opération successive
qui présente plusieurs côtés, chacun des facteurs qui le
compose dépend de la foi. En Jésus Christ, Dieu nous offre un
salut total fondé sur la mort et la résurrection de son Fils, qui
nous donne dès ici-bas la paix de l'âme, le pardon de nos
péchés,
73
la justification, la réconciliation avec Dieu, la vie éternelle. Ce
salut, qui nous met en règle avec Dieu pour l'éternité, est
cependant une affaire de vie et de dépendance journalière.
Sauvés, nous avons à accomplir sur la terre notre destination, à
vivre et à marcher sur le plan de Dieu d'une manière digne de
notre appel (Éphésiens 4 , 1.) C'est dans ce sens que Paul nous
exhorte disant : « Travaillez à votre propre salut avec crainte et
tremblement : car c'est Dieu qui opère en vous et le vouloir et
le faire, selon son bon plaisir. Faites toutes choses sans
murmures et sans raisonnements, afin que vous soyez sans
reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu
d'une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous
reluisez comme des luminaires dans le monde, présentant la
parole de vie... » (Philippiens 2 , 12-16.) Le bonheur et la seule
gloire de l'homme, c'est de pouvoir vivre en glorifiant Dieu.
L'homme avait été créé pour être le miroir de Dieu. S'il
n'accomplit pas sa destination, il est en cela inférieur aux bêtes
et au reste de la Création. Seule la foi en Christ nous permet de
vivre notre salut, car c'est Dieu qui produit en nous le vouloir
et le faire. À Dieu seul toute la gloire !
La foi est la sphère nouvelle dans laquelle le chrétien vit,
agit et meurt.. Elle est le principe qui doit régir toutes nos
actions. Tout ce que nous ne faisons pas sur le principe de la
foi est péché (Romains 14 , 23.)
74
Dans notre vie pratique, les résultats et l'activité de la foi
sont multiples
a) C'est par elle et non par la vue que le croyant marche
durant sa course terrestre (II Corinthiens 5, 7.)
b) Dans un monde de mort et de ténèbres, elle nous procure la
lumière de la vie (Jean 8 , 12 ; 12 , 46.)
c) Dans la vallée des larmes et de l'ombre de la mort (Psaume
84 , 6 ; 23 , 4), elle nous délivre de toutes les angoisses de
notre cœur et de tous les troubles de notre âme, nous gardant
dans la paix (Jean 14 , 1 ; Ésaïe 26 , 3.)
d) La foi est une source de joie intarissable (1 Pierre 1 , 8.)
e) Elle satisfait pleinement nos cœurs, Jésus étant
l'accomplissement de tous nos désirs (Jean 6 , 35 ; cf., Psaume
87 , 7 et Colossiens 2 , 10.)
f) Par elle le Saint Esprit vient habiter en nous et fait jaillir
des fleuves d'eau vive de nos entrailles (Jean 7 , 38-39.)
g) Elle met à notre disposition la force physique dont nous
avons besoin (Psaume 27 , 1 ; 68 , 29 ; 84 , 5, 7 ; Ésaïe 40 ,
29-31) et peut, selon les voies de Dieu à notre égard, nous
donner la guérison de nos corps (Matthieu 9 , 22-29 ; Jacques
5 , 14-15.)
h) La foi s'empare de la puissance de Dieu et reçoit en Jésus
le pouvoir d'accomplir des choses
75
merveilleuses (Matthieu 21, 21 ; Jean 14, 12 ; Hébreux 11,
31-34.)
i) En croyant aux promesses de Dieu, qui sont toutes « oui et
amen en Christ » (II Corinthiens 1 , 20), celles-ci deviennent
notre
jouissance
effective
et
trouvent
leur
plein
accomplissement (Marc 11 , 23-24 ; I Jean 5 , 14-15.) Si nous
croyons, nous verrons la gloire de Dieu (Jean 11 , 40), et au
nom de Jésus nos prières seront exaucées (Matthieu 21 , 22 ;
Jacques 1 , 5-7.) Seule l'incrédulité s'oppose à ce que nous
éprouvions la puissance de Dieu (Matthieu 17 , 19-20.) Nous
recevons ce en quoi nous avons cru (Hébreux 4 , 1-4.) La
jouissance de la plénitude des bénédictions de Dieu (Éphésiens
1 , 3) est destinée à ceux qui la réclament et dans la mesure où
ils la désirent (cf. Josué 1 , 3.) « Toutes choses sont possibles à
celui qui croit » (Marc 9 , 23.) Plus notre foi sera simple, plus
elle sera grande. Dans la mesure où nous croyons nous ferons
l'expérience de la puissance de Dieu (voir Romains 4 , 19-24 et
Hébreux 11.)
La foi trouve en Jésus Christ son fondement inébranlable. En
Lui elle a la solidité du Rocher et résiste à toutes les tempêtes,
aux vagues de fond les plus violentes, aux orages les plus
dévastateurs. Elle émerge de la ruine et du chaos des
hypothèses, des opinions et des affirmations humaines. Elle
reste debout dans la souffrance, quand tout chancelle, et
domine, sereine et
76
inchangée, la figure du monde qui passe. Cuirasse protectrice (I
Thessaloniciens 5 , 8), bouclier indispensable pour éteindre les
dards enflammés du malin (Éphésiens 6 , 16), la foi nous
donne toujours la victoire (I Corinthiens 15 , 57) et nous rend
plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés (Romains 8,
37.) La foi allie en elle la force du lion (Proverbes 30, 30), la
douceur et l'humilité de l'agneau (Ésaïe 53, 7 ; Jérémie 11 ,
19), la patience, l'endurance, la persévérance du bœuf marchant
dans le sillon. Enfin la foi nous donne les ailes et les yeux de
l'aigle, qui nous permettent de nous élever au-dessus des
circonstances du temps présent, d'éviter les pièges de Satan, de
franchir tous les obstacles, nos regards constamment fixés sur
les réalités invisibles mais éternelles (II Corinthiens 4, , 18 ; cf.
Ésaïe 40 , 31 ; Proverbes 1 , 17 ; Job 39 , 30-32.)
« Ne rejetez donc pas loin votre confiance qui a une grande
récompense. Car vous avez besoin de patience, afin que, ayant
fait la volonté de Dieu, vous receviez les choses promises. Car
encore très peu de temps, et celui qui vient viendra, et Il ne
tardera pas. Or le juste vivra de foi » (Hébreux 10 , 35-38.)
_______________________
CHAPITRE IX
LES MANIFESTATIONS DE LA FOI
Quand la foi remplit nos cœurs, elle ne nous laisse pas
intacts. Bien vite elle manifeste sa présence, et sous son
impulsion notre vie extérieure devient le reflet de notre vie
intérieure.
Christ habitant en nous, et nous-mêmes vivant en Lui, notre
manière de penser, de parler et d'agir tendra à être de plus en
plus semblable à celle de Christ ( Philippiens 4. , 8-9 ;
Colossiens 3 , 1-3.)
Un changement aussi radical ne passera pas inaperçu aux
yeux du monde. Nous arrachant à nous-mêmes, la foi nous fera
vivre sur le plan de Dieu, dans une obéissance immédiate et
implicite aux commandements de Celui en qui nous croyons,
non seulement parce qu'il ordonne, mais simplement parce que
nous l'aimons. Notre obéissance n'est plus légale, mais une
obéissance d'amour. Peu importe si nous ne savons pas le but
de tel ou tel désir du Seigneur et si nous ignorons les résultats
de notre obéissance.
78
Nous vivrons dans une entière dépendance du Maître,
apportant à Jésus tous nos besoins et surmontant tous les
obstacles qui se dressent entre Lui et nous (Philippiens 4, 7 ;
Hébreux 12 , 1-3 ; Éphésiens 6 , 13.)
Nous continuerons à implorer de Lui les bénédictions
promises, malgré les sujets de découragement, et même en face
de Son refus apparent d'exaucer (Hébreux 6 , 12; Matthieu 15 ,
21-28 ; I Rois 18 , 42-44.) Nous accomplirons avec zèle et joie
les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à l'avance, afin que
nous marchions en elles (Éphésiens 2 , 10.)
Les difficultés qui se trouveront sur notre route et qui
pourraient entraver l'accomplissement des promesses de Dieu
ne nous arrêteront pas (Hébreux 11, 17-19 ; Romains 4 , 18-
20.) Nous persévérerons à suivre le sentier que Dieu nous
trace, même en face des obstacles, des périls et des pertes
apparentes (Hébreux 11 , 27.)
Nous préférerons sacrifier nos biens, notre position, notre
réputation, nos facilités, notre vie, s'il le faut, plutôt que
déshonorer Christ ou le renier (Hébreux 10 , 32-34 ; Hébreux
11 ; cf. Philippiens 3 , 8.) La foi ne compte pas sur les
avantages présents et visibles, mais sur ceux qui sont à venir,
invisibles, mais permanents. Elle sait attendre avec patience
l'accomplissement des promesses de Dieu.
Dans cette attente, nous n'aurons point honte de confesser le
beau nom de Jésus devant les
79
hommes, malgré les opprobres, les moqueries, les injures qui
pourront en résulter (Matthieu 10 , 32-33 ; Jean 16 , 1, 33 ; II
Timothée 1 , 8.) Nos yeux s'ouvriront sur les besoins spirituels
et matériels de nos proches, de nos voisins, des foules sans
berger, et soudain la vision missionnaire nous sera donnée
(Matthieu 9 , 36-38.) La foi nous remplira d'une sainte
hardiesse (Actes 4 , 29 ; Éphésiens 6 , 19-20) pour proclamer
la parole de vie à tous les hommes, et par notre témoignage des
âmes se tourneront vers le Seigneur (Actes 4 , 29.)
Nous manifesterons, dans la nuit de ce monde, la lumière
divine, car par la foi nous sommes fils du jour et lumière dans
le Seigneur (I Thessaloniciens 5 , 5 ; Éphésiens 5 , 8.)
L'amour du Christ étreindra nos cœurs, nous pressant
d'apporter aux âmes perdues l'évangile, le message de la
réconciliation (II Corinthiens 5 , 14-21.) La foi fera de nous
une prédication vivante, la lettre de Christ lue et connue de
tous les hommes (II Corinthiens 3 , 2-3.) Nous serons la bonne
odeur de Christ pour Dieu, des vases saints répandant le
parfum de Sa connaissance en tous lieux. Cette odeur sera une
odeur de vie pour ceux qui croient et acceptent l'évangile,
mais une odeur de mort pour les incrédules qui résistent à
l'action de Dieu (II Corinthiens 2 , 14-16.)
La foi en Jésus se manifeste donc par un changement
radical de vie, qui est plus qu'une
80
observation de formes, de principes et d'habitudes pieuses.
C'est une vie nouvelle vécue partout, le dimanche comme la
semaine, aussi bien à la campagne qu'à la ville, aux champs, à
l'école, à l'atelier, au bureau, comme à l'église et aux réunions.
Il ne doit pas exister de dualité dans la vie chrétienne. La vraie
foi ne donne pas la possibilité de se conduire d'une manière
dans notre travail et d'une autre dans les réunions de prières. La
Parole demeure : « Tout ce qui n'est pas fait sur le principe de
la foi est péché » (Romains 14 , 23.) Ceux qui font profession
de christianisme et qui oublient cette vérité sont les pires
ennemis de la Croix de Christ (Philippiens 4 , 18-19.)
N'appelons plus Christ «notre Seigneur» si nous n'acceptons
pas Son contrôle sur tous les actes de notre vie. Si Jésus est
réellement notre Maître, rompons alors avec tout ce qui n'est
pas à Sa gloire et devenons Ses imitateurs aux yeux de Dieu et
du monde, faisant tout pour la gloire de Dieu (I Corinthiens
10 , 11) Pour cela, vivons dans Sa communion constante, et
avant chacune de nos actions, petites ou grandes, demandons-
nous « Que ferait Jésus à ma place ? » Cette simple question
nous obligera à mieux connaître la personne du Seigneur, Sa
pensée et Sa vie. Nous verrons alors en lisant les évangiles,
toute la distance qui nous sépare encore du Modèle et qui
discrédite tant notre témoignage aux yeux. du monde. Si nous
sommes
81
fidèles à vouloir suivre Jésus et les traces de la foi (Romains 4,
12), l'orientation de notre vie entière risque fort d'être
sensiblement modifiée. La recherche du royaume de Dieu et de
Sa justice devenant notre première préoccupation (Matthieu 6 ,
33), plusieurs entendront l'appel du Maître qui retentit plus
actuel que jamais: « La moisson est grande, mais il y a peu
d'ouvriers: suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte
qu'Il pousse des ouvriers dans Sa moisson (Matthieu 9 , 37-38.)
Alors peut-être, toi qui lis ces lignes, tu lèveras les yeux et
verras les campagnes déjà blanches pour la moisson ( Jean 4 ,
35.) Puis, entendant le Seigneur dire: « Qui enverrai-je, et qui
ira pour nous ? », tu répondras : « Me voici, envoie-moi !
» (Ésaïe 6 , 8.)
Autrefois, ton « Moi» était le centre de ta vie ; maintenant,
dans la foi, tu diras avec Paul : « Je ne vis plus, moi, mais
Christ vit en moi » (Galates 2 , 20), et tu montreras à la suite de
l'apôtre que réellement pour toi, « vivre, c'est Christ
» (Philippiens 1 , 21.)
Une vie dont le centre a changé, telle est la manifestation de
la foi et toute la force de la vie chrétienne !
« Je suis crucifié avec Christ, et je ne vis plus, moi, mais
Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je
le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui
s'est livré lui-même pour moi ! » (Galates 2 , 19-20.)
CHAPITRE X
LES PÉCHÉS CONTRE LA FOI
D'une façon générale, il y a deux manières de pécher contre
la foi.
I. On pèche par omission
a) Par indifférence, quand on ne prend pas la peine d'étudier
les vérités qu'il faut connaître, quand on estime que toutes les
religions sont bonnes, ou pis encore, également fausses, et que
dès lors on vit indifférent sans se soucier de Dieu qui a parlé, et
auquel Sa créature doit prendre garde.
b) Par respect humain, quand on craint de montrer sa foi
(Matthieu 26, 33 ; Luc 22, 56-57.)
II. On pèche par action
a) Quand on refuse la grâce et les appels du Seigneur.
b) Quand on s'attache à l'erreur.
c) Quand on n'agit pas en toutes choses sur le principe de la
foi (Romains 14 , 23.)
83
d) Quand on doute volontairement (Jacques 1, 5), donnant
emprise au diable, le père du mensonge (Jean 8 , 44.)
e) Quand on renie une ou plusieurs vérités de la Parole de
Dieu.
f) Quand on s'expose par de mauvaises fréquentations et la
lecture de livres impies à affaiblir la foi.
g) Quand on étale ses doutes, dans des livres, des revues,
des journaux ou des conférences publiques.
En terminant ce chapitre, jetons encore un rapide coup d'œil
sur les différentes expressions se rapportant à la foi dans les
épîtres à Timothée. « Le naufrage quant à la foi » (I Timothée 1
, 19-20), est la conséquence du rejet d'une bonne conscience.
L'autorité de la Parole est alors perdue. On blasphème ou l'on
peut blasphémer.
« L'apostasie de la foi » (I Timothée 4 , 1), annoncée
spécialement pour les derniers temps. Apostasier de la foi, c'est
s'en séparer, s'en détourner. On rejette ouvertement la vérité
reçue pour un temps pour s'attacher à l'erreur que l'on prêche.
Ces hommes, dit l'apôtre, ont leur conscience cautérisée, c'est-
à-dire brûlée par un fer chaud, comme les criminels à qui l'on
appliquait la marque de leur délit, afin qu'ils fussent reconnus
de tout le monde. Ces hommes portent dans leur conscience le
sceau indubitable du mensonge et de la condamnation.
85
« Renier la foi » (I Timothée 5 , 8.) C'est agir contrairement à
la vérité que l'on connaît et dont on se réclame. C'est
l'insoumission et la désobéissance à la Parole de Dieu dans
notre vie pratique. Celui qui tombe dans cet état est pire qu'un
incrédule. « Rejeter notre première foi » (I Timothée 5 , 12-13.)
C'est ne plus avoir le même attachement à Christ et à sa Parole.
C'est l'abandon du premier amour (Apocalypse 2 , 4.) «
S'égarer de la foi » (I Timothée 6 , 9-10.) Si notre cœur
s'attache à l'argent, aux biens de ce monde, bien vite nous
serons sans direction à côté de la vérité, perdant la jouissance
de nos vraies bénédictions et nous transperçant de beaucoup de
douleurs. Les soucis, la tromperie des richesses et les voluptés
de la vie sont les épines qui étouffent la bonne semence et
l'empêche de porter du fruit à maturité (Marc 4 , 19 ; Luc 8 ,
14.)
« S'écarter de la foi » (I Timothée 6 , 20-21 ; II Timothée 2 ,
18.) Sous l'influence de l'erreur reçue, par les objections d'une
connaissance faussement ainsi nommée, la foi est renversée, et
l'on est à côté de la vérité vers laquelle on tendait.
« Réprouvés quant à la foi» (II Timothée 3 , 8-9.) C'est l'état
de ceux qui, ayant résisté à la vérité, ont leur entendement
corrompu. La foi elle-même démontre leur état de perdition.
Cependant, ils n'iront pas plus avant, ils ne réussiront pas dans
leurs desseins, car leur folie sera manifeste pour tous.
CHAPITRE XI
LA RENCONTRE DÉCISIVE
Nous ne saurions terminer cette étude sur des définitions.
Ces lignes manqueraient leur but, si elles s'arrêtaient ici. Nous
désirons que leur conclusion ne soit pas une fin, mais conduise
beaucoup d'âmes à l'aurore d'une vie nouvelle.
Tout naturellement, une question s'impose à notre esprit :
« Avons-nous la foi ? »
« Examinez-vous vous-mêmes, dit l'apôtre, et voyez si vous
êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes » (II Corinthiens
13 , 5.)
Aucun de nous ne peut vivre plus longtemps dans
l'indifférence, dans l'incertitude ou dans une fausse sécurité.
Le désir de Dieu est de sauver tous les hommes (I Timothée2
, 4.) Il veut que personne ne périsse, mais que tous viennent à
la repentance (II Pierre 3 , 9.) Cependant Dieu ne veut pas
réaliser le salut n'importe comment. L'homme n'y parvient pas
par n'importe quel moyen. Le péché
88
est une faute trop grave pour que l'homme puisse la réparer.
Aussi a-t-il fallu l'intervention directe de Dieu. En fait, Dieu a
posé une condition. La foi en Christ est la condition sine qua
non de l'obtention du salut. Christ est l'Auteur de ce salut. La
Rédemption suffit pour nous racheter de tous nos péchés (Ésaïe
1 , 18.) Il ne manque rien à Son sacrifice expiatoire (Hébreux 9
, 26.) Tout est accompli. Le salut est offert gratuitement à tous
(Ésaïe 55 , 1 ; Romains 3 , 24.)
Ce salut ne comprend pas seulement la béatitude éternelle,
mais aussi la délivrance actuelle du péché (Romains 8 , 2.) Il
n'est pas une religion qui endorme les âmes, un salut qui aurait
sur nos vies l'effet de l'opium et qui donnerait raison à la
propagande des sans-Dieu. Le salut de Dieu est une vie
nouvelle, et cette vie est dans Son Fils (I Jean 5 , 11.)
Dieu a donné aux hommes un Sauveur. Il s'agit d'un fait et
non d'une idée, d'une religion. Nous n'avons pas à regarder
d'abord à nous-mêmes et à chercher à voir si nous sommes
vraiment pécheurs et perdus. Nos appréciations ne sont pas des
critères sûrs. Nous avons à regarder à Christ, qui se présente à
nous comme Sauveur. C'est Lui qui nous révèle et nous
explique la nécessité d'être sauvés. La contemplation du Christ
au Calvaire nous révèle l'affreuse réalité de nos péchés. C'est
dans les ténèbres de Golgotha que nous entendons le
grondement terrible
89
des flots de la colère de Dieu qui devait nous atteindre, mais
qui tomba sur Christ notre substitut (Ésaïe 53 , 6.)
En Christ, Dieu s'est fait homme, et comme homme il n'a pu
que souffrir dans la situation de l'homme. Il fut le pauvre, le
méprisé, l'homme de douleurs (Ésaïe 53.) La cause de la
souffrance totale de Jésus, c'est le péché (2 Corinthiens 5, 21.)
Saint et juste, Il ne rencontra dans ce monde que la haine et
l'opposition des hommes. À la croix nous est dévoilée notre
misère et les résultats de l'opposition existant entre Dieu et
l'homme. Dans le Fils de Dieu devenu homme et portant nos
péchés nous sont manifestés le courroux de Dieu contre les
pécheurs et la révolte des hommes contre Dieu. Cette révolte,
Christ l'a prise sur Lui ; cette colère, Christ l'a subie seul et
entièrement à la Croix. Sur cette croix, Christ a porté notre
souffrance, nos péchés, mais aussi Il les a emportés dans sa
mort. La croix n'est pas seulement un instrument de souffrance,
mais plus encore l'instrument d'une victoire qui est confirmée
pleinement par la résurrection de Christ d'entre les morts.
Devant Sa personne sainte et adorable, devant la Croix où Il
mourut, Lui, l'Innocent pour l'homme coupable, nos yeux
soudain se dessillent et nos cœurs endurcis se fondent. Une
conviction réelle et profonde de péché nous est donnée, en
même temps que jaillit dans nos cœurs brisés et humiliés
l'assurance joyeuse que le Fils de Dieu s'est
90
chargé de tous nos péchés, que l'œuvre de notre salut a été
accomplie par Lui.
Ainsi, dès l'instant où j'accepte le fait qui s'est produit dans
la personne unique du Sauveur, je possède la foi et par elle le
salut. Cette acceptation ne me laisse pas intact. Elle m'entraîne
à la suite du Sauveur dans Sa mort et sa résurrection. Cette
opération de l'Esprit de Dieu ne s'accomplit pas seulement dans
le secret de ma vie intérieure, mais elle laisse des traces dans
ma vie extérieure. Aucune partie de notre existence n'est
soustraite à cette transformation. La mort de Christ agit dans
nos membres (2 Corinthiens 4, 10), et la seigneurie du
Ressuscité s'établit sur tout notre être et englobe tous les
domaines de notre vie. Beaucoup de personnes ne prennent pas
nettement parti pour les chrétiens, d'autres même sont contre
eux. Elles voient leurs imperfections, et surtout leurs
inconséquences, qui leur cachent une partie de la vérité et
ternissent la clarté de leur témoignage. Grâces à Dieu, les
chrétiens ne sont pas les objets de la foi, mais Christ. Et quand
Il s'agit de Christ, ne pas se prononcer pour Lui, c'est se
prononcer contre Lui ; car en Lui, il n'y a ni erreur, ni
inconséquence. En un mot, Jésus c'est l'Absolu. Il n'y a aucune
excuse pour ceux qui le repoussent.
C'est donc pour Christ, et non pour les chrétiens, pour le
Sauveur et non pour une religion, que nous sommes appelés à
prendre position
91
aujourd'hui. Christ nous appelle à devenir nous-mêmes ces
chrétiens humbles, fidèles, conséquents, que nous avons tant
de peine à découvrir autour de nous.
Ne cherchons donc plus le chrétien modèle, mais devenons-
le nous-mêmes en rencontrant et en recevant personnellement
Christ, l'objet immuable de la foi.
Une rencontre avec Christ, voilà ce qui produit une
conversion réelle et visible, une nouvelle naissance manifeste
(Jean 3 , 1-21.) Les hommes ont un urgent besoin de cette
rencontre. C'est pour les placer sur le chemin où elle peut avoir
lieu que ces lignes ont été écrites.
Celui qui a rencontré « le Vivant » (Apocalypse 1 , 17) ne
peut rester froid ou tiède, mais devient bouillant pour Dieu.
Une vie nouvelle prend possession de son être et l'entraîne sur
les traces du Sauveur. Cette rencontre nous fait reconnaître
notre néant et l'amour de Dieu, qui a tout accompli pour nous.
Elle a pour effet de nous dépouiller de tous mérites propres,
pour nous faire vivre uniquement des mérites de Christ. Elle
nous sort de nous-mêmes et nous place en Christ. Ainsi, la
rencontre dont nous parlons, n'est pas quelque chose de vague ;
elle conduit à un acte, à une décision dont on se souvient et
dont les conséquences se manifestent durant toute notre vie.
Saul de Tarse a rencontré Jésus, et sa vie fut changée.
C'était sur le chemin de Damas, à midi (Acte 9.)
92
L'eunuque d'Éthiopie l'a rencontré. C'était dans son voyage
de retour de Jérusalem à son pays, assis dans son char, lisant
un chapitre d'Ésaïe le prophète (Actes 8 , 26-39.)
Lydie, marchande de pourpre, l'a rencontré. C'était au bord
du fleuve, à l'heure de la prière : (Actes 16, 13-15.)
Trois mille âmes l'ont rencontré à la prédication de Pierre,
le jour de la Pentecôte (Actes 2, 41.)
Corneille, ses parents et ses amis intimes l'ont rencontré, un
jour, tandis qu'assis dans la maison, ils écoutaient la parole de
Pierre (Actes 10 , 25-48.)
Serge Paul, homme intelligent, l'a rencontré, étant saisi par
la doctrine du Seigneur au moment où la main de Dieu frappait
de cécité le magicien Élymas (Actes 13 , 6-12.)
Le geôlier de Philippe l'a rencontré. C'était en une nuit
tragique, dans une prison (Actes 16 , 27-34.)
Denys, l'Aréopagite, et Damaris, l'ont rencontré. C'était à
Athènes, à l'issue du remarquable discours de Paul devant
l'Aréopage (Actes 17 , 34.)
Chers lecteurs, laissez-moi vous poser affectueusement cette
question : « Avez-vous rencontré Christ ? »
«Voici, c'est maintenant le temps favorable ; voici c'est
maintenant le jour du salut » (II Corinthiens 6 , 2.) Acceptez le
Sauveur !
93
Alors s'ouvrira devant vous le chemin de la foi, dans lequel
ont marché une nuée de témoins (Hébreux 11.) Sur les traces
bénies de ces témoins, desquels le monde n'était pas digne,
faisons une chose : « Oubliant les choses qui sont derrière, et
tendant avec effort vers celles qui sont devant, courons droit au
but pour le prix de l'appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus
» (Philippiens 3, 14.)
L'heure vient où le Seigneur vomira les tièdes de Sa bouche
(Apocalypse 3 , 16.) « Quant aux timides, et aux incrédules, et
à ceux qui se sont souillés avec des abominations, et aux
meurtriers, et aux fornicateurs, et aux magiciens, et aux
idolâtres, et à tous les menteurs, leur part sera dans l'étang de
feu et de soufre, qui est la seconde mort » (Apocalypse 2l , 8.)
Plus de timides, de tièdes et d'hésitants, mais des êtres
bouillants pour Christ, qui nous a aimés et qui s'est livré lui-
même pour nous ! (Galates 2 , 20.)
« Moi, je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin.
À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement de la
fontaine de l'eau de la vie » (Apocalypse 21 , 6.)
« Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut prenne
gratuitement de l'eau de la vie » (Apocalypse 22, 17.)
________________________
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
CHAPITRE I : Opinions ou convictions ? . . . . . . . . . . 9
CHAPITRE II : La Foi. - Qu'est-ce que la
Foi ? - Définition . . . . . . .21
CHAPITRE III : La Nature de la Foi . . . . . . . . . . . . . . 29
CHAPITRE IV : L'Objet de la Foi . . . . . . . . . . . . . . . . 33
CHAPITRE V : Le Motif de la Foi . . . . . . . . . . . . . . . 43
CHAPITRE VI : D'où vient la Foi et comment
l'obtenir . . . . . . . . . 51
CHAPITRE VII: Les caractères de la Foi qui
sauve . . . . . . . . . .59
CHAPITRE VIII : L'œuvre et les résultats bénis
de la Foi . . . . . . . . 69
CHAPITRE IX : Les manifestations de la Foi . . . . . . . 77
CHAPITRE X : Les péchés contre la Foi . . . . . . . . . . . 83
CHAPITRE XI : La rencontre décisive . . . . . . . . . . . . . 87
*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-
