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PEUT-ON NAÎTRE
DE NOUVEAU?
GASTON RACINE
Mahanaïm
© Gaston Racine
Mahanaïm
Dépôt légal : 2ème trimestre 1988

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Gaston RACINE
Né en Suisse en 1917, de descendance huguenote,
il se convertit à l'âge de 14 ans où il eut une vision
particulière de l'unité des chrétiens.
Arrêté en pleine jeunesse par la maladie, il apprit à
l'école de la souffrance à renoncer à ses plans et ses
projets les plus chers pour se soumettre à la volonté
de Dieu.
Après plus de 50 ans de ministère pastoral et
d'enseignement biblique dans divers pays du
monde, tout en restant foncièrement attaché à la
révélation divine telle qu'elle est attestée dans
l'Écriture
Sainte,
Gaston
Racine
demeure
humblement disponible pour servir Son Dieu où ll
veut, comme ll veut et quand lI veut.
Pour accomplir cette vocation, depuis 1947,
Gaston Racine ne dépend d'aucune église
particulière.
En revanche, il encourage tous ceux pour qui le
Christ devient un Sauveur personnel, à témoigner
dans leur milieu ou à se joindre à une communauté
chrétienne non sectaire mais fidèle aux principes
d'Actes
2
v42:
«Ils
persévéraient
dans
l'enseignement des apôtres, dans la communion
fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les

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prières.»
Peut-on naître de nouveau
Introduction
Cette question et primordiale, car la nécessité
d'une nouvelle naissance pour « voir » le Royaume
de Dieu et pour y « entrer » est, sans aucun doute,
l'enseignement fondamental que Jésus-Christ a
apporté au monde.
C'est dans une conversation particulière avec le
pharisien Nicodème, un chef religieux de son
temps, que Jésus développa cette doctrine d'une
seconde naissance qui n'est pas une amélioration
progressive de l'homme, mais fait de lui un être
nouveau, non plus charnel mais spirituel.
Saint Jean, dans son évangile, nous rapporte cet
entretien, la première révélation écrite de
l'enseignement du Maître qui a donné son Nom au
monde moderne. (Jean 3 v1-21).
l. Il est donc essentiel pour nous de comprendre
pourquoi, sans faire de distinction, Jésus pose la
nouvelle naissance comme condition sine qua non
de salut, disant à Nicodème : « En vérité, en vérité,
je te le dis, à moins de naître de nouveau, NUL ne

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peut VOIR le royaume de Dieu ».
2. Il est également important pour nous de savoir
ce que le Christ entendait sous ces vocables
mystérieux : « Si un homme ne naît d'eau et
d'Esprit, il ne peut ENTRER dans le royaume de
Dieu ».
S'agit-il d'une MÉTEMPSYCOSE quelconque,
universelle,
animale
ou
humaine,
d'une
transmigration d'âme d'un corps à un autre, à la
mode hindoue, égyptienne ou pythagoricienne?
Serait-il question d'une RÉINCARNATION
progressive, stationnaire, ou expiatrice, à la
manière spirite?
Ou, selon l'enseignement apostolique, Jésus
envisageait-il
véritablement
une
REGENERATION opérée dans la vie présente
par la puissance de Dieu, la restitution de ce qui
avait été détruit en l'homme, moyennant la
repentance du pécheur et sa foi en la Personne et
l'Oeuvre de Jésus-Christ ?
3. Enfin il sera utile pour tous d'examiner
comment cette naissance d'eau et d'Esprit
s'accomplit et quelles en sont les conséquences
pour la vie humaine.
Première partie
I. MÉCONNAISSANCE ET

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CONFUSION
Si nous avons déjà souligné que la nouvelle
naissance est la doctrine chrétienne par
excellence, nous devons constater cependant
qu'elle est peu connue de ceux-là même qui
portent encore le beau nom de chrétiens. Bien
souvent, hélas ! rien ne les différencie des
pécheurs d'autrefois, sinon qu'aujourd'hui ils
commettent de plus en plus au grand jour ce qui
s'accomplissait auparavant dans les ténèbres.
Après vingt siècles de christianisme, la plus
grande confusion règne dans le domaine
religieux.
Il suffit de naître dans une famille baptisée pour
recevoir le nom de chrétien comme il suffit à
d'autres de voir le jour dans un foyer israélite
pour être juif, dans un gourbi arabe pour être
mahométan, dans une maison hindoue pour être
bouddhiste ou brahmane.
II. LES ERREURS ET LES PÉCHÉS
DE LACHRÉTIENTÉ
Le christianisme est devenu une religion, celle
que nous héritons de nos pères, comme les
musulmans et d'autres races héritent les croyances
de leurs ancêtres.
Ainsi des êtres qui n'ont pas demandé de venir

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au monde seront automatiquement élevés dans le
rite romain s'ils naissent de parents catholiques,
dans le rite grec s'ils naissent d'un couple
orthodoxe, dans le protestantisme s'ils sont issus
d'une
famille
luthérienne,
réformée
ou
évangélique.
Sans donc l'avoir voulu, par l'éducation et
l'instruction reçues dans le cercle où ils voient le
jour, les hommes se trouvent placés dans des
camps opposés les uns aux autres, tout en se
réclamant du même Seigneur.
Pleins de préjugés à l'égard des autres, ils
estiment, souvent sans examen, que tout ce qui ne
sort pas de leur milieu est étranger à leur religion,
ou lui est forcément contraire.
Ainsi, pour défendre une religion que l'on
croyait menacée dans ses intérêts ou sa doctrine,
que n'a-t-on pas fait au nom de Dieu !...
Je ne veux pas m'étendre ici sur les guerres de
religion qui ont ensanglanté l'histoire de l'Église
dite chrétienne.
Il suffit de penser à ces vagues d'antisémitisme,
anciennes ou modernes, qui déferlèrent sur les
pays christianisés ou à ces Croisades dont la
chrétienté se glorifie parfois, pour reconnaître
que, trop souvent, les chrétiens ont trahi Jésus-
Christ, le Maître qui, attaqué refusait de se

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défendre et condamnait en ces termes
l'intervention armée de son apôtre : « Remets ton
épée dans le fourreau, car tous ceux qui prendront
l'épée périront par l'épée (Matth. 26 v52).
III. EXISTE-T-IL UN REMÈDE
EFFICACE
Comment donc ne pas comprendre tous ceux
qui, aujourd'hui, estiment que de tels scandales
ont assez duré et qui, devant la menace du
matérialisme athée, préconisent une large alliance
des religions monothéistes, se réclamant toutes en
un sens d'un père commun.
Par Ismaël, le fils de la servante, les musulmans
ne descendent-ils pas d'Abraham ?
Par Isaac, le fils de la femme libre, les Juifs
n'ont-ils pas le même Abraham pour père?
Et, enfin par leur foi en Jésus-Christ, les
chrétiens ne sont-ils pas spirituellement fils
d'Abraham?
Les événements actuels se chargent eux-mêmes
de démontrer combien ce rêve est utopique : la
haine entre Arabes et Israéliens devient plus
implacable, le fossé entre musulmans et chrétiens
ne fait que s'agrandir.
D'autre part, à quoi servirait donc une telle

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union si elle n'avait d'autre but qu'une résistance
armée contre les puissances athées?
Quoi qu'il en soit, il faudrait d'abord que les
communautés dites chrétiennes réalisent leur
unité et se souviennent que Jésus-Christ avait
donné à son Église d'autres armes que la bombe
H, pour progresser, tenir ferme, ou résister.
Les armes avec lesquelles nous combattons,
disait saint Paul, ne sont pas charnelles : mais
elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour
renverser les forteresses. Nous renversons les
raisonnements et tout orgueil qui s'élève contre la
connaissance de Dieu, et nous amenons TOUTE
PENSÉE captive à l'obéissance de Christ. » (IL.
Cor. 10 v3-5).
IV. UN RAPPEL
NÉCESSAIRE
Enfin, il faut se souvenir que les adversaires de
la religion ne sont pas toujours ennemis de
l'Évangile. Trop d'hommes ont été repoussés par
les inconséquences des chrétiens, et s'ils ont tout
rejeté c'est qu'ils ont identifié Dieu et la religion
dont les abus et les infidélités leur ont donné la
nausée.
C'est pourquoi nous devons constater que le
christianisme, envisagé même comme religion
supérieure à toutes les autres, n'est pas capable

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d'améliorer l'homme et de transformer le monde.
Ce n'était du reste pas la mission de l'Évangile.
(Matth. 28 v19-20)
L'union des religions ne changerait donc pas les
hommes puisque, de visu, tous savent qu'en tous
pays des gens d'une même confession tuent, volent
et font mille torts à leurs coreligionnaires.
Nous devons reconnaître qu'en pays chrétien le
baptême même, administré par un prêtre, un pope
ou un pasteur, n'empêchera pas un homme de
mourir sur l'échafaud, ou de finir ses jours aux
travaux forcés pour avoir tué son semblable. Ce
baptême, pas plus que la communion, n'empêchera
un homme de voler son prochain, de tromper sa
femme, ou une femme son mari.
S'il en est ainsi, c'est parce que tous les hommes
sont nés de la chair; ils possèdent tous la même
nature, quelles que soient leur race, leur couleur,
leur religion et leur langue.
Cette affirmation de l'Écriture sainte : « Il n'y a
point de distinction car tous ont péché et sont
privés de la gloire de Dieu ». (Rom.3 v23) se
trouve donc confirmé par des faits précis.
V. UNE VIE NOUVELLE,
BESOIN ESSENTIEL DE
TOUS LES HOMMES

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Tous,
musulmans,
juifs,
catholiques,
orthodoxes, protestants, à quelque dénomination
qu'ils appartiennent par leur naissance, tous sans
exception ont besoin d'une vie nouvelle, s'ils
veulent voir le royaume de Dieu et y entrer. Et
cette vie nouvelle, la vie même de Dieu, qui nous
rend participant de sa nature et fils de son
royaume, Jésus a affirmé être venu l'apporter au
monde.
Il ne présentait pas sa doctrine comme un
ensemble de dogmes et de principes rigides, mais
comme une vie, sa propre vie.
Nul Maître avant Lui, n'a parlé un tel langage :
ni les moralistes grecs ou romains, ni les rabbins
de la Judée, ni aucun philosophe ou réformateur.
Ce ne sont pas là des abstractions vides ou de
rigides préceptes, mais des paroles vivifiantes qui
traduisent les faits les plus profonds de la
conscience et que la conscience seule peut
vérifier — si elle a le courage d'expérimenter
Dieu dans. la foi et le sacrifice.
Un chrétien authentique est donc un homme qui
ne possède pas seulement la doctrine évangélique,
mais la vie de Jésus-Christ, obtenue par la
nouvelle naissance.
Désormais, le croyant n'est plus un homme
dirigé par les principes du monde, parla gauche,
le centre ou la droite. Il n'est plus, comme le dit

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saint Paul, la proie de la philosophie ou d'une
vaine tromperie s'appuyant sur la tradition des
hommes, sur les rudiments du monde et non sur
Christ. (Col. 2 v8) Il est en Christ et voit toutes
choses par Lui en qui habite corporellement
D
toute la plénitude de la divinité. (Col. 2 v9)
VI. LA GRANDE QUESTION
Un homme peut-il vraiment renaître?
Si Jésus déclare que la chose est nécessaire, c'est
certainement parce qu'il veut la rendre possible.
Jésus, dont le regard lisait jusqu'au fond des
coeurs, ne discute pas longuement avec Nicodème
de toutes les questions qui pouvaient agiter l'âme
indécise du docteur d'Israël. Il ne tourne pas en
rond, mais montre à son interlocuteur et à travers lui
à tous les hommes troublés par des problèmes
intérieurs ou extérieurs, que la nouvelle naissance
est la seule voie du salut.
Selon Jésus-Christ, sans cette nouvelle
naissance spirituelle le sens profond des choses
terrestres et des choses célestes restera caché aux
sages et aux intelligents de ce monde, « car,
personne, dit saint Paul, ne connaît les choses de
Dieu, si ce n'est l'esprit de Dieu ». (I. Cor. 2 v11)
Tout restera donc problème pour l'homme naturel :
la vie, la mort, le mal, la souffrance, les injustices,

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le passé, le présent et l'avenir. Il ne discerne ni les
voies, ni les pensées de Dieu parce qu'il reste
volontairement étranger à Sa vie. Il peut être
religieux, honnête et vertueux, il ne demeure pas
moins en dehors du royaume de Dieu.
On peut comprendre que de telles affirmations
déconcertèrent et heurtèrent de front tous les
préjugés de Nicodème.
VII. À QUI PARLER DE
LA NOUVELLE NAISSANCE
Parler de la nouvelle naissance à un païen, à des
pécheurs, certes ! Mais à lui, un théologien, un
vrai fils d'Abraham, un israélite de race pure, un
pharisien zélé, qu'a-t-il besoin d'une trans-
formation? N'est-il pas digne du Royaume de Dieu,
par son sang, sa croyance, ses oeuvres même et sa
fidélité'?
Et, de nos jours, comment oser parler de nouvelle
naissance à des gens qui portent le nom de
chrétiens. Ades personnes dès longtemps baptisées
et catéchisées?
Nous croyons que l'amour pour Dieu et le
prochain doit nous donner cette audace, car,
aujourd'hui le témoignage et la triste existence de
nombreux chrétiens prouvent qu'ils vivent comme si
Jésus n'était pas venu ou n'avait rien fait de positif

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pour leur salut présent et éternel.
Oui, il faut parler de nouvelle naissance à ces
multitudes d'hommes et de femmes qui ne savent
plus la signification du nom qu'ils portent encore :
ce beau nom de « chrétien » donné pour la première
fois à Antioche aux disciples de Jésus. (Actes 11
v19-26) Ces hommes avaient entendu et cru
l'Évangile, et s'étaient convertis au Seigneur. Ils
n'étaient pas « nés » chrétiens, ils l'étaient
devenus ». (Actes 26 v28) Ils avaient changé de
vie et allaient bientôt connaître les souffrances que
ce nom attire sur ceux qui veulent marcher ici-bas
comme Christ a marché. (I. Pierre 4 v16).
Deuxième partie
I. AVANT D'ÊTRE IL FAUT NAÎTRE
Penchons-nous maintenant sur les enseignements
du Maître et voyons ce qu'Il entendait par ces
expressions : « Naître de nouveau » et « Naître
d'eau et d'Esprit ».
Il existe deux royaumes, l'un visible et l'autre
invisible.
Par la génération naturelle, nous entrons dans le
royaume du monde sur lequel règne Satan,
l'adversaire de Dieu. Que nous le voulions ou non,

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depuis la chute du premier couple, nous ne sommes
pas dans le royaume de Dieu dès notre naissance,
mais nous pénétrons et nous nous mouvons dans
une sphère opposée à Dieu, avec une nature révoltée
contre Lui et rebelle à ses lois.
Saint Paul nous dit que dans cet état « le dieu de
ce siècle a aveuglé l'intelligence des incrédules,
afin qu'ils ne vissent pas briller la splendeur de
l'Évangile de la gloire de Christ qui est l'image du
Dieu invisible ». (II. Cor. 4 v4)
En affirmant la nécessité pour tous de cette
naissance d'eau et d'Esprit, Jésus détruit du même
coup
cet
édifice
de
vertus,
d'oeuvres,
d'observances légales, par lesquelles la propre
justice de tous les temps pense pouvoir subsister
devant Dieu. Il ne s'agit plus de faire, mais d'être
», et avant d'être, il faut NAÎTRE !
C'est donc en vain que l'homme cherchera à
parvenir par lui-même à un dépassement, ou à
trouver une issue en comptant sur les autres. Il est
sans force et tous sont pécheurs. Il n'est donc pas
question que l'homme s'améliore, mais qu'il
reçoive UN ESPRIT NOUVEAU et UN COEUR
NOUVEAU. (Ézéchiel 36 v26-27) Et pour cela, il
faut renaître par une intervention surnaturelle de la
grâce et de la puissance de Jésus-Christ.
Comment ?

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QU'EST-CE QU'UNE
NAISSANCE ?
C'est en fait une vie qui sort d'une autre vie, un
être qui sort d'un autre être. Ainsi, par la naissance
physique, nous sommes sortis du sein de notre
mère. Etres de chair, nous sommes issus de la
chair et, nous le savons bien, cette chair va vers la
mort, car les éléments qui la composent ont tous
été tirés de la poussière et retournent à la
poussière. (Deut. 30 v19)
Or, ce corps de chair est animé par un esprit
immortel qui y séjourne un temps, puis retourne à
Dieu qui l'a donné. (Eccl. 12 v7)
Disons-le de suite : La distinction que nous
faisons avec les Écritures entre l'esprit, l'âme et le
corps, ne détruit nullement l'unité de l'homme. (I.
Tess. S v23) Il en est de même de l'unité de Dieu
qui n'est pas anéantie par les trois personnes que
la Parole inspirée nous révèle en Lui. (I. Cor. 8
v4; II. Cor.13 v13)
Nous ne sommes donc pas un corps, mais nous
avons un corps que nous habitons. Par nos yeux,
nous regardons ; par nos oreilles, nous écoutons ;
par notre langue, nous nous exprimons ; par nos
mains, nous travaillons. Mais nous ne sommes
pas nos organes, ni nos membres. Nous les
possédons ; puis un jour, nous les quittons. Ainsi
l'homme n'est pas enseveli sous les décombres de
sa demeure terrestre. (I Cor. 5 v8)

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Mais cette âme, qui anime pour un temps notre
corps de chair, s'est révoltée contre Dieu : toute
l'histoire du monde en est l'irréfutable preuve.
Oui, l'âme humaine, en rébellion contre son
Créateur, a perdu tous les bienfaits de son
ineffable présence. Si donc, pendant son séjour
ici-bas, l'esprit de l'homme ne se laisse pas
éclairer, vivifier, libérer, si une réconciliation
avec Dieu ne s'opère pas, il reste sous l'empire de
la chair à laquelle il a cédé, aveuglé et obscurci.
Quand à la mort il quitte les ténèbres du dedans,
c'est pour entrer dans les ténèbres du dehors, dans
une éternelle séparation d'avec Dieu, source
unique de vie, de lumière et d'amour.
Et rien dans la Bible ne laisse même supposer
qu'une réconciliation soit possible dans l'au-delà.
C'est MAINTENANT, pendant notre vie
terrestre que le salut nous est offert et que nous
pouvons recevoir le pardon de nos péchés et la vie
éternelle.
III. LA NOUVELLE NAISSANCE :
UNE OPÉRATION DE
L'ESPRIT SAINT
Or, entre la chair et l'Esprit, ily a un abîme.
L'Esprit peut être répandu sur la chair, mais la
chair ne saurait d'elle-même s'élever vers l'Esprit.
Séparé de Dieu, spirituellement mort, l'homme

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n'est plus que chair. (Gen.6 v3) Aussi, après sa
naissance terrestre, il doit connaître une seconde
naissance sans laquelle son âme assujettie à la vie
charnelle, et à la domination de Satan, marche
dans ses fautes et dans ses péchés. (Éph. 2 v1-3)
Cette naissance d'en-haut s'opère à l'ouïe de la
Parole de Dieu et par l'action puissante du Saint-
Esprit.
Mystérieux, libre comme le vent, l'Esprit souffle
où Il veut. Il est seul capable de nous pénétrer, de
nous saisir et de réaliser en nous la rédemption
accomplie par l'oeuvre du Christ, nous
transportant du royaume des ténèbres dans le
royaume de Dieu. (Col. 1 v12-14)
Sa première action consiste à convaincre les
hommes de péché et à les amener par la Parole à
reconnaître la nécessité de mourir à cette vie de la
chair, avant la mort du corps.
L'Esprit-Saint
n'entreprend
donc
pas
l'amélioration de la vie de la chair, mais la conduit
au jugement et à la mort afin de nous faire renaître
à Sa vie, rétablissant ainsi notre relation avec Dieu
et restaurant Son image en nous par l'action
sanctifiante de la Parole. (II.Pierre 1 v3-4)
C'est donc bien d'une régénération qu'il s'agit,
régénération que les Épîtres néotestamentaires
attribuent toujours à la double action de la Parole

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de Dieu et du Saint-Esprit. (II. Cor. 5 v17)
IV. L'IMAGE DU GRAIN DE BLÉ
Un exemple tiré de la nature nous aidera à
mieux comprendre comment une vie nouvelle peut
jaillir de la mort.
Prenez un grain de blé et conservez-le
précieusement dans un écrin de velours. Dans une
année, vous retrouverez votre grain de blé intact,
mais solitaire.
Prenez-le maintenant, séparez-vous de lui et
jetez-le en terre. Vous ne retrouverez certes pas
votre grain de blé mais trente, soixante ou cent
autres grains semblables dans l'épi auquel il a
donné naissance.
Jésus disait de Lui-même : « Si le grain de blé
qui est tombé en terre ne meurt. Il demeure seul,
mais s'il meurt il porte beaucoup de fruit ». (Jean
12 v24)
Mais comment mourir?
De quelle mort s'agit-il puisqu'il ne peut être
question de la mort du corps, qui nous conduirait
tout simplement au jugement, car, dit l'Écriture : «
Il est réservé aux hommes de mourir une fois,
après quoi vient le jugement ». (Héb.9 v27)
Il n'est donc pas question de réincarnation

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progressive. Ici-bas, l'homme meurt une fois.
La Bible n'enseigne nulle part la réincarnation.
Ce qu'elle établit avec force, C'EST LA
RÉSURRECTION, tant des justes que des
injustes, les uns pour la vie éternelle, et les autres
pour l'opprobre et la honte éternelle. (Daniel 12
v2; Jean 5 v28; I. Cor. 15)
Ainsi, le suicide n'offre aucune solution à celui
qui désire changer de vie. Au contraire, en
attendant la résurrection et le jugement, la mort le
fixe dans l'état qu'il voulait quitter,
La mort dont nous parle l'enseignement de Jésus
est une mort à SOI-MÊME. Il s'agit donc de
mourir avant notre mort. DE MOURIR EN VIE,
pour laisser une autre vie s'implanter en nous, et
produire du fruit pour Dieu dans notre chair
mortelle, avant la mort de notre corps. (Luc 9 v23-
24)
La nouvelle naissance est une vie qui sort de la
mort, mais de la mort d'un Autre, de la mort de
Jésus-Christ. (II. Cor. 4 v10-12)
Or, Jésus n'est pas un théoricien. Ce qu'il
ordonne, Il le donne.
S'Il pouvait dire à Nicodème que, sans nouvelle
naissance, NUL ne pouvait voir le royaume de
Dieu, parlant de Lui If ajoutait aussitôt : « Il faut

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que le Fils de l'homme soit élevé, afin que
QUICONQUE croit en Lui ne périsse pas, mais
qu'il ait la vie éternelle ». (Jean 3 v16) Par ces
paroles, Il annonçait sa mort volontaire et
expiatoire, la mort du grain de blé d'où allait jaillir
d'autres vies nouvelles, vies dont le GERME serait
conforme à la sienne. Et c'est ainsi, qu'un jour,
dans la gloire, le Christ pourra présenter à son
Père des vies rendues parfaitement semblables à la
sienne.
V. SEULE UNE FOI VIVANTE
NOUS IDENTIFIE AU
CHRIST MORT ET RESSUSCITÉ
Mais, pour que la mort et la résurrection du
Christ, pour que les grands faits accomplis en Lui,
et par Lui, se reproduisent en nous, il faut notre
participation qui se manifeste en une foi vivante,
par une adhésion du coeur, qui nous identifie au
Christ dans la mort au péché, et dans Sa vie pour
Dieu.
Si nous recevons Jésus par la foi, si nous
croyons en Lui, Il accomplit Lui-même en nous
cette oeuvre merveilleuse. Liant son sort au nôtre,
Christ subit pour nous la condamnation et la mort
que nous méritaient nos péchés ; mais, ayant la vie
en Lui-même, après avoir souffert la mort et le
jugement, Il ressuscite et nous fait vivre désormais
de sa vie. (Rom.5 v6)

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Saint Paul se fait l'écho de cette bienheureuse
expérience quand il s'écrie: « J'ai été crucifié avec
Christ et si je vis ce n'est plus moi qui vis, c'est
Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la
chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a
aimé et qui s'est livré Lui-même pour moi ». (Gal.
2 v20)
C'est ainsi que prend fin l'effort pénible et stérile
de l'homme et que cesse la vie de malédiction sous
une loi que la chair ne peut pas accomplir.
(Romains 7)
Dès lors commence dans la paix avec Dieu cet
abandon quotidien de l'être tout entier à la vie de
Jésus, qui va manifester dans notre chair mortelle
le fruit de l'Esprit : « l'amour, la joie, la paix, la
patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la
douceur et la tempérance ». (Gal. 5 v22-23)
Regénérés, non par une semence corruptible,
mais par une semence incorruptible, par la vivante
et permanente Parole de Dieu, une intelligence
nouvelle nous est donnée des choses de Dieu et de
celles du monde. Dieu n'est plus accusé, mais
adoré, aimé et obéi.
Il est dès lors facile de comprendre le sens
mystérieux des paroles de Jésus : « naître d'eau et
d'Esprit ».
Si, comme nous l'avons vu, « naître » peut

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signifier « sortir de », il est question pour nous, si
nous voulons renaître, de sortir de l'eau qui est la
Parole, et de l'Esprit.
Pour sortir de l'eau, il faut y être entré. Entrer
dans cette eau, c'est croire la Parole. C'est mourir,
et cette mort est symbolisée par le baptême, cette
immersion du croyant qui confesse avoir renoncé
à sa vie, cette vie qui a causé la mort de Christ.
Acceptant Jésus-Christ, le croyant se trouve
baptisé dans sa mort, dont l'eau est le symbole.
Mais comme Christ est ressuscité des morts, le
néophyte en sortant de l'eau témoigne que,
désormais, par une foi vivante, par la puissance du
Saint-Esprit, il marchera en nouveauté de vie.
Ainsi, Jésus-Christ seul, par Sa mort et Sa
résurrection, offre à l'homme la possibilité de
mourir ici-bas à sa vie de péché et de vivre dès
maintenant, dans son corps mortel d'une vie
éternelle.
De même que Noé, ayant cru la Parole de Dieu,
traversa dans l'arche les flots du déluge, de même
le chrétien, réfugié en Christ, traverse la mort et le
jugement divin pour commencer une vie où les
choses vieilles sont passées et où toutes choses
sont devenues nouvelles.
Aussi l'apôtre Pierre peut-il écrire : « Aimez-
vous ardemment les uns les autres, de tout votre
coeur, puisque vous avez été régénérés, non par

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une semence corruptible, mais par une semence
incorruptible, par la vivante et permanente parole
de Dieu ». (I. Pierre 1 v22-23)
Troisième partie
I. QU'EST-CE QUE LA
VRAIE RENCONTRE
Amis, avez-vous déjà rencontré Celui qui seul
peut nous faire voir le royaume de Dieu et nous y
faire entrer?
Le rencontrer, c'est voir clair dans notre vie et
découvrir notre nature pécheresse, à la lumière du
Christ sans péché.
C'est l'entendre nous dire : « Repentez-vous, car
vos oeuvres sont mauvaises ! »
Je sais bien que plusieurs parmi vous, ont des
habitudes religieuses, des gestes de piété. Je sais
que certains récitent encore leurs prières, se
confessent et communient.
Cependant, votre vie est-elle changée?
Êtes-vous nés de nouveau ?
Si vous L'avez rencontré, que Lui avez-vous
dit? Qu'avez-vous confessé?
II. DES CONFESSIONS STÉRILES

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Si, parfois, les confessions au prêtre, au pasteur
ou à des frères, sont si stériles et rebutantes, ne
croyons pas que c'est parce que nous avons
toujours la même chose à dire; c'est, en réalité,
parce que nous disons seulement des choses
insignifiantes.
Nous nous contentons, d'ordinaire, de tout ce
qui importe peu, d'une petite ritournelle de péchés
commis depuis l'enfance... que nous continuerons
à commettre et confesserons à nouveau, sans
même croire qu'un jour nous en serons délivrés.
Nous ne nous confessons pas de ce qui nous
tourmente vraiment, de nos vrais soucis, de nos
états d'âme les plus profonds.
Nous gardons jalousement pour nous notre
problème, celui qui nous ronge, nous paralyse et
étouffe notre vie spirituelle, sans que nous
désirions pourtant le résoudre.
Même devant Dieu, nous nous accusons
rarement de ne pas avoir su accepter notre vie,
notre famille, telle qu'elle est, notre situation de
fortune, notre âge, notre laideur, notre infirmité.
Nous ne nous confessons pas de nos révoltes, de
nos découragements, des mauvaises tristesses uue
nous entretenons ; de nos terribles manques
de foi et d'espérance qui font que, lorsque nous

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prions, nous savons déjà que rien ne sera changé.
Nous manifestons ainsi que nous n'espérons rien
de Dieu et que nous sommes résignés à rester
aussi médiocres, aussi tristes, aussi mauvais et
pauvres que nous le sommes, parce qu'au fond
nous ne voulons pas changer.
III. NOTRE VRAI ET
SUPRÊME BESOIN
Si vous aviez rencontré le Christ, si l'on vous
avait averti qu'Il passait, que vous pouviez vous
présenter devant Lui, que Lui auriez-vous dit?
Que Lui auriez-vous demandé?
Quelles guérisons ? Quels miracles ? Quel
changement d'âme, de vie, de coeur auriez-vous
imploré?
Ah ! Je suis sûr que vous ne Lui auriez rien dit
de ce que vous dites dans vos prières ordinaires,
aucune des vieilles formules ne vous aurait servi !
En Le voyant, un cri nouveau aurait jailli de
votre coeur, la vraie plaie de votre être se serait
ouverte et vous vous seriez senti arraché de vous-
même ; vous n'auriez pu vous empêcher de Lui
demander le Tout, la seule chose importante : de
croire en Lui, de L'aimer, de vivre dans son
amour et selon sa volonté.

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Et même si vous n'aviez pas su d'avance, ni
trouvé ce que vous deviez Lui demander, dès que
vous L'auriez rencontré, à peine L'auriez-vous vu,
vous auriez compris ce qui vous manquait : Lui,
pour Bien-aimé de votre âme, Lui l'Être ineffable
dont on ne se passe plus !
Votre âme alors aurait débordé de joie, de
certitude et de foi.
CONCLUSION
Amis, Jésus-Christ est le même hier,
aujourd'hui et éternellement.
Il vient à la rencontre de ceux qui le cherchent.
Si vous savez vous arrêter, vous recueillir
devant Lui, Il vous révélera ce dont vous avez
souffert jusqu'ici, ce qui vous a tellement
manqué... Lui, sa plénitude !
Évidemment sans cela, c'est-à-dire sans Lui,
votre vie est vide et vous devez la remplir de
quelque chose, fût-ce même de péchés... de
péchés auxquels vous ne tenez pas tellement, dont
vous n'êtes pas si fiers après tout, mais il faut bien
combler ce terrible vide...
Il faut bien occuper son temps...
Qu'auriez-vous dans votre pauvre vie si vous
n'aviez pas vos péchés? N'est-ce pas la seule

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chose solide à laquelle vous vous accrochez un
peu?
Mais si une rencontre avec Jésus vous révélait,
comme aux premiers disciples, la grandeur de sa
grâce et éveillait en vous un amour qui remplisse
et transfigure votre vie... si vous pouviez vous
croire épaulés, accompagnés, peuplés par un tel
amour, alors vous posséderiez tout ce qu'il vous
faut.
Vous n'auriez plus besoin de pécher, vous
n'auriez plus « envie » de pécher : vous seriez
trop heureux ainsi !
Comme Nicodème,dans le silence de la nuit,
recherchez cette ineffable rencontre.
Alors, avec Job, vous ne tarderez pas à Lui dire
:
« J'avais entendu parler de toi, mais maintenant
mon oeil t'a vu et je me repens sur la poussière et
sur la cendre. » (Job 42 v6)
Puis, devenant disciple du Maître, à la fin d'une
vie de luttes stériles, et à l'aurore d'une vie
nouvelle, vous pourrez vous écrier comme le
patriarche Jacob :
J'ai vu Dieu face à face, et mon âme a été
sauvée. » (Gen. 32 v30)
G.R.

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Série : « Pour le connaître Lui.
Les textes abrégés de conférences publiés
aujourd'hui dans la série: « Pour le connaître Lui
», ont paru une première fois en 1956, l'année
même où ces conférences furent prononcées dans
une salle publique de la ville de Nice. (France.)
Ces exposés n'ayant rien perdu de leur
actualité, nous sommes heureux de les présenter
sous une forme plus attrayante et dans un
caractère plus facile à lire.
Chaque conférence complète en elle-même
préparait la suivante dans l'espoir de faire
découvrir à tous, croyant ou incroyant, « le si
grand salut de Dieu » (Héb. 2v3).
Montréal, Avril 1988.
Du même auteur
« Être chrétien»

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« Le Christ inconnu»
« Les leçons de Marie, Mère de Jésus»
«Jésus revient! Es-tu prêt?»
«Médiocrité ou Sainteté ?»
« Révolté?... Résigné ?... Vainqueur?... »
«Donnez gloire à votre Dieu!»
« Un message de Dieu aux Veuves»
« L'Unité du Corps de Christ»
« Le vrai visage de l'affliction»
1.
Dieu est-Il responsable du péché?
2.
L'Athéisme pratique
3.
Croyance ou foi
4.
Connaissance ou Obéissance
5.
Que pensez-vous du Christ?
6.
Peut-on naître de nouveau ?
7.
L'homme face à la souffrance
8.
L'homme face à la mort.
9.
Vivre

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10.
L'homme et Sa destinée
11.
Le Monde et Sa destinée
12.
L'Église et Sa destinée
13.
lsraël et Sa destinée
Au Canada :
Chez l'auteur: 1745 Cedar Avenue
Montréal (Québec)
H3G 1A7
En Europe:
«Le Refuge» 21, a
y
. Cernuschi
006100 Nice (France.)
G. Racine, 1988